La journée de lutte pour les droits des immigrés en Italie a eu un résultat éclatant. Au moins 60 villes, grandes et moyennes, ont participé. Des initiatives ont aussi été signalées dans de nombreuses petites localités. Selon les estimations, des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées à travers tout le pays. En réalité, les formes et les lieux de mobilisation ont été tellement nombreux et disparates qu'il est impossible de donner une évaluation numérique exacte de la journée.
Une chose est sûre : les immigrés, et beaucoup d'italiens, ont répondu en masse. Tous ont voulu crier leur désaccord avec les politiques ouvertement racistes des institutions italiennes, tenues depuis quelques années sous le dictat d'un parti minoritaire : La ligue du Nord.
"L'Italie qui travaille" est sortie en masse et a crié haut et fort que la crise ne doit pas être facturée aux immigrés. Des formes de mobilisation diverses: sit-in devant les Bureaux des étrangers, lâchers de ballons et distributions de rubans jaunes (couleur symbole de la protestation), tables d'information et de sensibilisation dans les quartiers et les marchés populaires. Quelques entreprises où les étrangers sont nombreux ont fermé leurs portes, parfois avec l'accord des patrons. Le marché de Porta Palazzo à Turin, l'un des plus grands d'Europe, était presque vide lundi matin. Petits commerçants marocains, égyptiens, roumains... et leurs ouvriers, ont décidé de ne pas ouvrir boutique.
La protesta a pris aussi sous différentes formes artistiques: théâtre de rue, concerts, expos... Le mouvement a fait feu de tout bois. Mais le résultat le plus important a été obtenu par les manifestations. Partout, les organisateurs attendaient quelques centaines de participants : ils ont été submergés par des milliers de personnes. Les rassemblements fixes se sont transformés en de grandes marches dans les principales villes du Centre et du Nord de l'Italie : Rome, Florence, Milan, Bologne, Turin...
Le 1er mars 2010 a marqué un point en faveur des immigrés même si ce matin, la majorité des journaux nationaux ont relégué les informations sur la mobilisation aux pages internes. Paradoxalement, à part la Ligue du Nord, tous les grand partis politiques ont annoncé leur solidarité - comme si les immigrés étaient persécutés par des fantômes et non par ces mêmes politiciens, de droite et de gauche, qui leur rendent la vie impossible depuis 20 ans. Notamment via des lois absurdes qui lient à jamais leur existence à leur contrat de travail.
Une bataille gagnée par les immigrés en Italie. Rien qu'une bataille, dans une guerre qui s'annonce longue et cruelle.
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Voir le reportage photos "24h sans nous" à Toulouse" et à Paris
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