L'agression d'Houria Bouteldja revendiquée par la LDJ

Jeu, 25/10/2012
Par: Maral Amiri

Mercredi 24 octobre, Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), a été agressée et aspergée de peinture rouge, à Paris.

La scène s'est déroulée devant l'Institut du monde arabe, lieu de travail d'Houria Bouteldja, à la mi-journée, ce mercredi. Un groupe de personnes, dont l'une d'entre elles équipée d'une caméra, s'est approché de la porte-parole du PIR, l’aspergeant de peinture rouge, avant de déguerpir. Houria Bouteldja a immédiatement porté plainte.

L’opération filmée a depuis été mise en ligne sur youtube et diffusée sur la page Facebook de la LDJ, titrée : “ACTION : La Ligue de Défense Juive (LDJ) rend visite à Houria Bouteldja”.

En juin et juillet dernier, Olivia Zemor, présidente de la Capjpo-Euro Palestine (Coordination des Appels pour une Paix juste au Proche-Orient) puis Jacob Cohen, auteur juif anti-sioniste, étaient victimes d’actes violents similaires.

Cette agression intervient deux jours après la participation d’Houria Bouteldja à un débat, diffusé sur la chaine LCP , intitulé "Antisémitisme: le retour des vieux démons?". Débat au cours duquel la porte-parole du PIR interpellait Claude Goasguen, député UMP de Paris et président du groupe d’Amitié France-Israël et Ariel Goldmann, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), sur les actions violentes commises par la LDJ.

Capture d'écran de la page Facebook de la LDJ

Interdite en Israël et aux États-Unis

Menaces de témoins au tribunal, agressions du président du MRAP, attaque de lycéens, saccage de librairies, intimidations... Autant d’actions attribuées à la LDJ, qui prétend « lutter contre l’antisémitisme et défendre l’image d’Israël ». Interdite en Israël et aux États-Unis, la branche française, créée en 2001 sous le sigle L.D.J. (pour Liberté, démocratie et judaïsme), se serait « auto-dissoute » en 2003. Plusieurs de ses dirigeants seraient des anciens du Betar, mouvement de jeunesse sioniste proche du Likoud, en déclin depuis 2000. Sans existence légale donc, la Ligue se compose de 100 à 150 jeunes militants, recrutés dans les quartiers nord-est parisiens et de proche banlieue. Moyenne d’âge : 15-20 ans. Le noyau dirigeant, plus âgé, est connu des services de police.

Ce groupuscule juif d’extrême-droite est régulièrement mis en cause dans des agressions, notamment contre des militants de la cause palestinienne. Alors que des voix s’élèvent pour sa dissolution effective, le groupe n'est pas inquiété par les autorités françaises et continue d'agir en toute impunité.

« La tactique de la LDJ consiste à interpeller les autorités, comme avec leur récente "Lettre ouverte à Manuel Valls", où ils tentent de s'acheter une image de respectabilité, largement éclaboussée par plusieurs procès en leur défaveur », souligne Jacques Leclercq, auteur du livre De la droite décomplexée à la droite subversive1.

Bientôt la dissolution ?

Des associations soutenues par le NPA, les Verts et le Parti de gauche réclament la dissolution du groupuscule. En juillet dernier, le MRAP réitère sa demande.

En février 2011, Claude Guéant prononçait l’interdiction du groupuscule fondamentaliste Forsane Alizza. Trois ans plus tôt, la Tribu K était dissoute. À quand la LDJ? «J’en ai déjà parlé avec les pouvoirs publics, affirme Richard Prasquier, président du Crif. Si la LDJ est dissoute, elle réapparaîtra sous une autre forme».

1Éditions L'Harmattan, mars 2012.

Photo: capture d'écran de la page Facebook de la "LDJ Paris"

ALLER PLUS LOIN

> A lire dans le nouveau Respect Mag, dans notre série "Les fachos" : zoom sur la LDJ


 

 

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