Arrivé en 1987 à Lognes, Steve et sa famille font partie des premiers Asiatiques à peupler cette ville de Seine-et-Marne, surnommée depuis «ville du dragon», pour sa grande communauté asiatique.
«Je suis arrivé très jeune. Au CP, j'étais le seul Tran, puis en grandissant, j'ai vu arriver de plus en plus de Nguyen et de Tran. Néanmoins, je n'ai pas été confronté au regard de l'Autre. Lognes n'est pas très loin de Paris. Il y a beaucoup de parcs et de verdure. Lorsque j'ouvre ma fenêtre le matin. Je vois des Asiatiques pratiquer les arts martiaux sur les pelouses, ou des Français aller chercher leur baguette chez le boulanger arabe. La plupart des commerces sont asiatiques. La communauté asiatique y est très dense. Depuis 20 ans, le maire nous « met bien ». Il existe même une école à son nom au Vietnam ».
Lognes sert également de cadre à «Boom Boom», son premier court métrage co-réalisé avec Sébastien Kong. Le film s'inspire d'une expérience personnelle. Je ne voulais pas spécialement aborder la mixité des couples, en mettant en scène un couple arabe/asiatique. Car la mixité me paraît normale. Même si ce genre de duo est assez inédit au cinéma. Il fallait montrer que les Asiatiques avaient aussi des sentiments. Le film est muet par manque de budget. Nous avons gardé la couleur pour ne pas tomber dans les clichés. C'est un film muet avec des personnages en couleur!»
L'amour, un thème universel, qui colle bien avec sa conception de son métier de comédien.
«Mon père était comédien d'opèra vietnamien, mon frère et ma nièce sont également comédiens. J'ai débuté à 13 ans. Dans le milieu du cinéma, on me considérait comme un comédien asiatique. Puis j'ai demandé à mon agent de me décrocher des rôles de «Noirs». J'ai aussi joué un gay. Je suis peut-être schizophrène, mais j'aime passer d'un rôle à un autre. Si l'histoire est belle, je prends... Je ne suis pas militant, mais je tends vers un cinéma citoyen. Je veux voir des Noirs, des Arabes, des Asiatiques, lorsque j'allume ma télé. J'aime la culture française. Au Vietnam, je suis perçu comme un français, alors qu'ici je suis un vietnamien. Les mentalités commencent à changer. Je dors et je mange avec cette phrase : Nos différences nous unissent.»






















