Un véritable succès
Un ban pour marquer l’événement ! Cette manifestation, célébrée tous les ans aux Etats-Unis et dans certains pays européens (depuis plus de 20 ans en Allemagne) se déroule, pour la première fois, à Paris et à Rennes. « Sous les ors de la République », comme le rappelait Claudy Siar, délégué interministériel à la promotion de l’égalité des chances pour les Français d’Outre-Mer.
Première femme à intégrer le parti des Panthères noires, Kathleen Cleaver, était conviée à cette manifestation. Dans la salle, pleine à craquer, militants associatifs et curieux se retrouvent. Tous en quête des lumières du passé pour éclairer le présent et l’avenir. Une soirée placée sous le signe de l’histoire, en présence de l’une des ses témoins privilégiées, mais également d’un questionnement sur l’héritage de ces luttes.
Le Black Panthers Party est mort, vive Le Black Panthers Party !
Pour Kathleen Cleaver, les femmes ont été à l’avant-poste de la lutte. Elles ont œuvré pour la diffusion de leur message afin de réformer une société profondément inégalitaire. «Black is honest and beautiful». Ce slogan, en exergue du documentaire de 1968 d’Agnès Varda sur le mouvement, projeté en ouverture (à voir en bas de page), a illustré un combat politique. Il ne faut pas l’oublier. Plus encore que des activistes, ils ont été des résistants, dont le discours et les actions dérangeaient au plus haut niveau de l’État; des résistants que l’on a tenté, par tous les moyens (emprisonnements, assassinats, infiltration) de faire taire. La guerre à l’usure, menée à leur encontre par le F.B.I, a poussé les militants du parti dans leurs retranchements et a fini par les miner de l’intérieur.
Une leçon d’histoire et de militantisme pour les
générations futures
Le parti-pris par la chercheuse Maboula Soumahoro, initiatrice de la soirée ? Réunir des personnalités diverses pour débattre de l’apport des Black Panthers.
Pour Rokhaya Diallo, éditorialiste et militante antiraciste, il est surtout important de forger « un activisme à la française ». Almamy Kanouté, membre de la Brigade Anti Négrophobie, souligne que « le bulletin de vote est une arme ». L’émotion qui parcourt la salle est également présente chez Fatou Biramah, auteure engagée sur ces questions.
Moment particulièrement intense: les talentueux D’ de Kabal, Jacky Ido et Blade slament leurs textes. Pure poésie en action, leur prestation a illuminé la manifestation, rappelant la force subversive de l’art. Leur prise de parole singulière, chaudement applaudie, a permis de constater une chose : un activisme qui porte ses fruits ne peut se passer de connaissances historiques affûtées et de créativité.
La soirée a notamment mis en perspective le fait que la conscience noire a une histoire. Et qu'elle a besoin de passeurs. Maboula Soumahoro note que l’engouement pour cette première édition, pourtant pas assuré d’avance, correspond à « une véritable attente ». Espérons que cette première se transforme en rendez-vous récurrent. A l'année prochaine?!
En photo: Kathleen Cleaver ©D.R.
BLACK PANTHERS - AGNES VARDA (1968)






















