Le film relate la vie quotidienne d'une bande de personnes, fortement handicapées, engagées dans un cirque. Exposés pour leurs difformités, les « Freaks » subissent les brimades du reste de la troupe. Hans, l’un d'entre eux, s’amourache de Freida, la trapéziste. Elle tentera de le manipuler afin de lui prendre son argent puis de le tuer. La vengeance du nain sera terrible. Lui et ses amis l'assassineront avec son amant.
Tod Browning, le réalisateur, réfléchit sur la monstruosité de l'homme. Qui dans ce film est le véritable monstre ? La créature diforme ou celui qui l'exploite ? Impossible de ne pas repenser aux zoos humains, à tous ces colonisés mis en scène aux différentes expositions universelles. Car il faut garder en mémoire que ces exhibitions sont issues des « parades monstrueuses ». Des handicapés, de toutes sortes, y étaient présentés aux regards pervers du public.
Impossible également de ne pas songer aux textes de Fanon à travers le rapport amoureux entre Hans et Freida. Si l'homme noir n'existe qu'à travers l’œil de l'homme blanc, le nain n'est humain que lorsqu'il pense être aimé par Freida. Un casting surprenant pour ce film qui se dote d'une véritable équipe de handicapés physiques. Les corps sont montrés sous des éclairages travaillés afin de souligner avec grâce leurs différences.
À noter dans vos agendas le film Vénus Noire, projeté gratuitement le 6 avril, à 18h, toujours au musée du quai Branly.























