Le tube de l’album, incontestablement, c’est Menace de mort, dont un clip traîne déjà sur le Net depuis un moment. Youssoupha y règle ses comptes avec Eric Zemmour qui avait porté plainte contre lui en 2009 pour menaces de crimes. Mais bien d’autres titres valent le détour. Noir Désir, chronique de la condition noire, « histoire d’un peuple au cœur de roi et au sang d’esclave » pour citer la punchline de l'artiste est un texte engagé, intelligent, plein de références.
Dans L’Enfer c’est les autres, lumière braquée sur le communautarisme, Youssoupha n’épargne personne et étonne l’auditeur. Mais rassurez-vous, le très cultivé chanteur ne se contente pas de convoquer la mémoire noire et de citer Frantz Fanon. Dans Tout l’amour du monde, il conte des déboires amoureux de manière désabusée, blasée. Et gageons que le sample rumba des Disques de mon père vous obligera à esquisser quelques pas de danse…
Youssoupha, au final, de plage en plage, prône l'amour et surtout la destruction "des ghettos dans nos têtes". Le CD est à l’ancienne, certes et résonne comme un hommage au rap d’IAM que Youssoupha cite d’ailleurs sans complexe mais en variant les instrus, passant des percussions africaines à des rythmes jazzy, pour terminer sur un air r'n'b, l’album reste franchement éclectique et son écoute s’avère un très bon moment.
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