Communiqué de presse I Secours Islamique France
Dans un contexte de précarité et d’inégalités grandissantes, l’ONG veut axer son message sur la souffrance sociale subie par des milliers de personnes en France et dire son inquiétude face à l’aggravation de l’appauvrissement et l’accroissement du nombre de personnes sans-abris.
Le SIF, fort du soutien de ses donateurs et de l’engagement de ses nombreux bénévoles, développe ses actions auprès des personnes exclues ou en situation de précarité, en complémentarité et en coordination avec l’ensemble des acteurs associatifs engagés dans le social en France : maraudes sociales, épicerie solidaire, hébergement d’urgence, accueil de jour, restauration solidaire...
A travers ses activités et à l’instar de la plupart des acteurs associatifs engagés dans le social en France, notre organisation a pu constater une aggravation de l’appauvrissement, une augmentation du nombre des personnes sans-abri (qui avoisine aujourd’hui 150 000)*, une saturation de la demande d’hébergement (de 40 à 65% des demandes non satisfaites)** et de manière significative, un changement du visage des personnes touchées (de plus en plus : femmes avec enfants, familles, demandeurs d’asile)***.
Cette situation risque encore de s’aggraver avec une diminution drastique et continue des crédits consacrés à l’hébergement d’urgence et à la veille sociale. Ces restrictions budgétaires, amorcées en 2011 au nom de la politique du gouvernement dite du « logement d’abord »**** et confirmées dans le budget de l’Etat pour 2012*****, ont un impact sur la capacité des acteurs, alors même que la crise accroît les risques liés à la précarité et l’exclusion.
« Les bénévoles et les travailleurs sociaux du SIF constatent une augmentation des besoins, avec de plus en plus de difficultés à trouver des solutions pour un nombre croissant de personnes dans la rue et une multiplication des demandes pour notre épicerie solidaire Epi’Sol » explique Djilali Benaboura, Coordinateur de la Mission Sociale France.
Pour répondre aux besoins croissants et préserver la dignité de personnes en situation de grande détresse, le SIF demande :
- Que la loi, qui fait obligation à l’Etat de respecter le principe d’inconditionnalité de l’accueil, de continuité des prises en charge et de non remise à la rue des familles sans abri, soit respectée ;
- Que la politique du « logement d’abord », noble sur son principe, n’occulte pas les situations d’extrême urgence et la nécessité de préserver le dispositif d’accueil et d’hébergement d’urgence, tant que les solutions alternatives ne sont pas installées ;
- Que cette politique se traduise par l’élaboration d’un plan structurel durable, allant au-delà de la simple réaction hivernale et faisant preuve d’un réel engagement envers les plus démunis, avec : l’augmentation immédiate de places d’hébergement d’urgence et d’hébergements pérennes et une révision à la hausse des budgets qui y sont consacrés ;
l’adoption de mesures adaptées aux différentes situations, y compris l’accompagnement médico-social des personnes les plus vulnérables et les plus marginalisées ; une coordination avec l’ensemble des acteurs concernés.
Venez nous soutenir pour porter ces demandes ! Donnez de la voix contre la souffrance ! Samedi 14 janvier à 14h - Place de la Bastille - Mobilisation Eclair et action sociale
*Cour des Comptes, rapport d’évaluation de la politique de l’hébergement des personnes sans domicile, 15 décembre 2011.
**Source FNARS (Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale), rapport annuel de l’observatoire national du 115, 15 décembre 2011.
***Idem.
****Politique visant à offrir en priorité aux personnes sans abri un logement plutôt qu’une place en hébergement d’urgence, et permettant une diminution des crédits consacrés à l’hébergement d’urgence au profit de l’ « intermédiation locative », moins coûteuse.
***** Source FNARS






















