Au Café de la Rotonde, place de la République à Saint-Ouen, la conférence de presse n’est pas tout à fait prête. Mais rapidement les représentants de Cités en mouvement arrivent décidés. Costumes, cravates et vestes. Ils viennent défendre leur projet : inciter les jeunes de quartiers populaires à s’inscrire sur les listes électorales.
« Le nombre d’abstentionnistes s’élève à 52% en Ile-de-France, explique Anouk Juraver. Dans le 93, il dépasse les 60% ». À la veille de la présidentielle et des législatives de 2012, le collectif, s’active plus que jamais. Présent dans huit régions de France, il a été créé en janvier 2011 dans le but d’animer les territoires populaires de congrès, forums et actions locales.
« Les politiques se désintéressent de nous parce que nos quartiers ne votent pas, analyse Adama Ouattara. Il faut les y obliger en allant voter ! » Le jeune homme de 29 ans reconnait s’être longtemps désintéressé des élections. « Je n’allais pas inciter les autres à faire une chose à laquelle je ne croyais pas moi-même ! raconte-t-il. Aujourd’hui, des mouvements comme le nôtre se multiplient. Des personnalités telles que Rokhaya Diallo, capables de nous représenter, cela n’existait pas il y a dix ans. Je sens des possibilités. Par exemple, une réflexion sur le contrôle au faciès s’élabore. Je me dis que peut-être dans 10 ans, on n’en parlera plus. Ça me donne envie d’y croire ! »
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Pour transmettre cet enthousiasme, Cités en mouvement lance d’ici au 31 décembre, des « émeutes citoyennes » dans toute la France. « Nous nous rendrons auprès des jeunes, à la sortie des lycées, au pied des cités pour les inciter à s’inscrire, précise Bolewa Sabourin. Le but est d’impulser une dynamique ».
« Non-partisans »
Lancer un mouvement, mais dans quel sens ? Le collectif se défend de soutenir François Hollande, même si le parti socialiste a soutenu sa création. « Cités en mouvement est non-partisan, souligne Bolewa, lui-même encarté au mouvement des jeunes socialistes. L’objectif n’est pas de soutenir un parti en particulier mais de nous faire écouter. Nous demandons aux candidats de se positionner par rapport aux chiffres de ces territoires délaissés ».
Selon l’Insee, les zones urbaines sensibles comptent en effet un taux de chômage deux fois plus élevé que les autres territoires (chiffres 2010) et le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est 2,4 fois plus élevé qu’ailleurs (2008). Mais Cités en mouvement ne limite pas son action aux échéances de 2012. « Nous voulons nous former, nous et les habitants de quartiers, à la citoyenneté et à la politique », insiste Anouk Juraver. Pour que certains de ses jeunes deviennent, pourquoi pas, les présidentiables de demain.























