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Exhibitions, l’invention du sauvage jusqu'au 23 juin 2012 au musée du quai Branly. |
C'est pas un scoop que dans Libération on est plus au fait de ce qui est blanc que d'ce qui est noir. Y a juste des fois où y font plus fort que d'autres, y a des choses qu'y voient pas.
J'me souviens, dans un article consacré à l'ouverture du Festival de danse de Marseille le 11 juin dernier, Marie-Christine Vernay, éminence grise de notre quotidien en la matière, avait pas vu les danseurs, elle avait vu qu' les chevaux. Pour ouvrir le bal de ce Festival largement axé sur le métissage des cultures, question danseurs y avait pourtant des pointures, de ceux qui font un clip et qu'ont plus d'un million de clics sur Internet. Des Japonais, des Noirs, des Blancs… elle a dû être éblouie par les contrastes, elle a rien vu... que les chevaux !
Dans Libé du 10/11 décembre dernier, c'est Marcela Iacub qui nous refait l'coup. Délaissant momentanément la défense militante de DSK sur les plateaux, elle a fait un saut à l'expo du musée du quai Branly, Exhibitions.
«À contresens» s'appelle sa rubrique. J'sais pas dans quel sens elle l'a prise cette expo, parce que dès le départ faut être miro pour pas avoir vu le fil conducteur: l'analyse proposée du lien, à travers les siècles, entre ce qu'on dit, ce qu'on montre, ce qu'on voit des freaks (a-normaux) de tout bord et ce qu'on exhibe des «sauvages».
Marcela, les freaks, elle les a pas vus, alors elle peut pas avoir compris que cette expo ne dénonce rien, mais qu'elle interroge. Les documents sont là non pas pour asséner des vérités et vous pousser en manif dans la rue, mais pour alimenter une réflexion. Ce qui est induit ce sont de multiples interrogations. Et la réponse? Et si on réfléchissait ensemble ?
Pour ça faut pas porter des oeillères de snobinette, faut pas torcher un article dont le lecteur peut pas dépasser la deuxième colonne. Quand on critique faut pas hésiter à citer les noms de ceux qu'on attaque. Marcela, y-t-ont pas attendue Thuram et Blanchard pour être reconnus. Y savent c'qu'ils disent, y sont capables de répondre. Moi j'ai bien vu qu'tu trouves dommage qu'une telle expo ait lieu «dans un si beau musée». Sous un chapiteau de cirque itinérant, ça t'aurait plu davantage, non ?
Photo en Une: Caravane égyptienne, Jardin zoologique d'acclimatation de Paris, 1891, affiche d'Henri Sicard et Farradesche© © Groupe de recherche Achac, Paris / coll. part / DR
En savoir plus
â–º L'article de Libération sur l'expo "Exhibitions, l'invention du sauvage"
â–º Lilian Thuram: «L'homme de couleur», une aberration






















