Article extrait du Hors-série Respect mag "Jeunes et handicaps" - Informations en bas de page
«J’ai voté quatre ou cinq fois dans ma vie...Compliqué ! » résume Nicolas, 24 ans, en fauteuil roulant. Depuis la loi du 11 février 2005, les maires doivent pourtant rendre les bureaux de vote, les urnes, et au moins un isoloir accessibles à tous. «Le mieux, c’est d’installer une machine à voter, parce qu’elle permet à tout le monde d’être autonome, quel que soit son handicap», poursuit l’étudiant. Bémol : seules les communes de plus de 5000 habitants peuvent obtenir un agrément pour installer une urne électronique. Et parmi les villes plus importantes, moins d’une sur quatre en serait équipée*.
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© El Diablo
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Deux dans l’isoloir
Alors, certains développent leurs propres techniques. « Je demande aux assesseurs de me lire les noms sur les bulletins, et je les classe en mettant celui de mon candidat favori sur le dessus », explique Jean-Pierre, 51 ans, aveugle. Pour 2012, Nicolas prévoit déjà d’être «accompagné». S’ils en ont besoin, les électeurs handicapés peuvent se faire assister dans l’isoloir par une personne de leur choix, même si celle-ci n’habite pas dans la même commune. Impossible de se déplacer jusqu’au bureau de vote? Reste la procuration, qui peut être accordée pour une année entière. Les policiers viennent à domicile pour établir le document, à condition d’en faire la demande écrite et de fournir un certificat médical.
Citoyenneté handicapée
Avant le scrutin, en revanche, aucun dispositif particulier pour s’informer sur les programmes électoraux. « Pas d’interprètes en langue des signes durant la campagne ou lors des meetings», regrette Julien, 20 ans, sourd. Sur les tracts, le braille aussi se fait très rare. Des aménagements qui permettraient pourtant à tout le monde d’exercer pleinement sa citoyenneté. Tout le monde? Pas tout à fait... Lorsqu’elles sont placées sous tutelle, les personnes mentalement handicapées ne peuvent pas toutes voter. C’est un juge qui les y autorise (ou pas), lors de l’ouverture ou du renouvellement de la mesure de tutelle. Un droit de vote sous condition, en somme.
DISPOSITIFS HANDICAP : COUP D’ŒIL À L’ÉTRANGER
Comment les pays occidentaux protègent-ils les droits des personnes handicapées ? Ont-ils les mêmes politiques ? Petit tour d’horizon.
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Espagne En avance sur ses voisins, l’Espagne adopte en 1982 la Loi d'intégration sociale des personnes handicapées. Un texte qui astreint l'État à pré- venir le handicap, à garantir les soins, l'éduca- tion ou l’insertion professionnelle, et mise sur l’accessibilité. Les autorités publiques doivent depuis en tenir compte dans leurs plans d'ur- banisme et de construction. En 2003, le pays vote la Loi sur l’égalité des chances, la non- discrimination et l’accessibilité universelle, qui renforce certaines dispositions et donne lieu à un nouveau plan d’accessibilité |
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Canada En 1985, la Loi canadienne des droits de la personne est votée pour prévenir les discri- minations et améliorer l’accès à l’emploi, aux services et aux installations dans les secteurs fédéraux (transports aériens, communications, etc.). Depuis, employeurs et prestataires doivent réaliser les aménagements « raison- nables» nécessaires. En parallèle, les dix provinces canadiennes ont adopté leurs propres lois sur les droits de la personne, qui couvrent des organismes non visés par la législation fédérale, comme les écoles ou les commerces. |
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États-Unis Dans la lignée des Droits civiques, les États- Unis ratifient en 1990 le Americans with Disabilities Act. En plus d’interdire les discri- minations, le texte oblige les services publics à être accessibles à tous. Idem pour les lieux ouverts au public et les nouvelles construc- tions. Les établissements existants, eux, sont tenus d’éliminer les obstacles physiques lorsque « cela est facilement réalisable ». Quant aux sociétés de téléphone, elles doivent adapter leurs prestations aux malentendants. |
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Grande-Bretagne Après avoir adopté en 1995 le Disability Discrimination Act, amélioré en 2005, le pays signe en 2010 le Equity Act. Emploi, école, accessibilité aux lieux, aux services et à l’information, commerce... La loi prohibe la discrimination, le harcèlement et impose à l’interlocuteur de s’adapter, dans la mesure du raisonnable, aux besoins de la personne handicapée. En installant par exemple une rampe ou une signalétique spécifique, comme c’est le cas dans le métro londonien. |
Photo : Clémentine Gallot / Flickr
Article extrait du Hors-série Respect mag "Jeunes et handicaps" (Nov. 2011).
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