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LES CHRONIQUES D'ARKESTRA «Arkestra, cinq circonscriptions, treize districts. Cinq raisons de conspuer le genre humain. Une bonne partie de ces districts auraient dû être dératisée. C'est ce que disait souvent les flics locaux». Parmi eux, Paco Rivera, ex-flic aux stups muté à la brigade des mineurs et Gina, sa coéquipière à la poitrine aussi abondante que sa coupe afro. Paco tente d'échapper à ses vieux démons à l'aide de cocktails Jack Daniel's-codéine aux effets secondaires hallucinatoires dévastateurs. Il est hanté par le souvenir d'un amour, Katia, indic assassinée par un cartel de la drogue colombien sur lequel il enquêtait. Il y a aussi son père, ancien braquo toxico et une plâtrée de névroses qui lui valent de «dormir trois heures par nuit. Parler à son flingue. C'est ce qu'on appelle un comportement à risque». La «disparition inquiétante» de Pauline, une adolescente, va être le début d'une plongée vertigineuse de neuf jours dans l'Antre d'Arkestra, «un déluge de sang, de came et de foutre»... |
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Avec Le jour du fléau, Karim Madani happe le lecteur dans le fragment d'un cauchemar, celui d'un ville imaginaire, prosopopée où les freaks côtoient les damnés du bitume.
Arkestra condense les pires maux de nos sociétés. Les personnages sont à l'avenant. La ligne qui sépare le flic des truands est ténue. Elle tient à une plaque et à une assermentation dont la devise serait : se protéger et se servir.
Madani décrit un univers crépusculaire digne des meilleurs romans noirs américains, avec un style ciselé, des phrases qui giclent comme des rafales de mitraillette et un sens de la formule façon Philip Marlowe trash.
Paco, anti-héros, mélange de (very) Dirty Harry et de Justicier dans la ville est complexe, schizo, tiraillé, amateur de Bartók aux méthodes radicales. La galerie de portraits est aussi contrastée que géniale : l'obèse amateur de dragibus, le malfrat castrat, le photographe chasseur d'âmes...
En quelques détails qui font mouche, l'auteur caractérise les personnages et les enfonce dans une progression narrative affreusement jouissive dans les miasmes de la ville et les tréfonds de l'âme humaine.
Au-delà de l'exercice de style très réussi, il y a en creux une vision cynique et lucide du monde, où l'impunité des puissants face à des affaires – en particulier de moeurs – sordides entre en résonance avec l'actualité. Karim Madani réussit à transformer son Jour du Fléau en un jour de la bénédiction pour tous ceux qui auront le délice de le déguster.
â–º Karim Madani, Le jour du fléau, Éditions Gallimard - collection Série noire, novembre 2011.























