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©Ophélia Théâtre |
Migraineux restez couchés ! « Magie noire » n’est pas pour vous. A peine entrés dans le Théâtre de l’Epée de bois, de jeunes Brésiliens torses et pieds nus vous invitent à danser. La musique fanfaronne depuis la salle de spectacle. Du bruit, des cris,
des rires… ça n’arrête jamais : vous venez d’entrer dans une favela.
Issus des quartiers pauvres de Recife au Brésil, les jeunes artistes racontent leur quotidien. Pour instruments : percus, parapluies, sachets plastique, et surtout, leurs corps.
Mendicité, danse, jeux, alcool, drogue, gang, violence… C’est pour les aider à sortir de cette spirale infernale que le spectacle est né. « Magie noire a été créé en 2010 » précise en fin de représentation Laurent Poncelet, dramaturge et metteur en scène de la compagnie Ophélia. Il a monté ce spectacle en partenariat avec Pé No Chão (Les pieds sur terre) une association brésilienne. Elle propose des ateliers artistiques animés dans la rue. 200 enfants pratiquent danses afro-brésiliennes, mais aussi hip hop, capoeira ou percussions. « Nous avons sélectionné 13 de ces jeunes sur des critères artistiques. Nous avons travaillé à partir de leurs improvisations». Magie noire est ensuite écrit en France, puis montée au Brésil.
Âgés de 14 à 21 ans, ces artistes en herbe ont déjà sillonné l’Italie et la France, après une première présentée au cœur même de Recife.
Poursuivre l’aventure le plus longtemps possible en Europe les tente, surtout si des perspectives professionnelles pointent en bout de parcours. Pour s’en sortir. Survivre. Mais pour eux, revenir montrer Magie Noire dans leur pays revêt une importance primordiale. « Les favelas ne sont pas visibles, explique Ricardo Santana, un des jeunes percussionnistes. Ces quartiers existent, il faut en parler et venir en aide aux jeunes. Mais aussi en montrer la richesse et la culture. »
4000 homicides seraient commis par an, sur des jeunes de 15 à 25 ans, nous indique le spectacle. Pour lutter contre la misère, la troupe revendique plus de moyens dans l’éducation et de quoi améliorer leur quotidien. Un cri d’autant plus urgent que le Brésil s‘apprête à accueillir le mondial du football prévu pour 2014. « Et à dégager les dépenses qui vont avec », s’amuse le jeune percussionniste...
â–º Magie Noire, jusqu’au 11 décembre, au Théâtre de l’Epée de bois, à la Cartoucherie. Paris 12ème.





















