Et pourtant, sur Facebook et autres réseaux sociaux, c'est le déferlement. Pour saluer l'initiative de celui qui, signataire de l'appel à la dépénalisation universelle de l'homosexualité dans Le Monde, met en conformité ses actes avec ses paroles ?
Au contraire, c'est l'homophobie qui se révèle telle qu'elle est, bête et méchante. Les sarcasmes, les polémiques, les insultes, les anathèmes, les incantations diverses fusent.
Cette surenchère dans le rejet lève le voile sur un dénigrement primaire de l'homosexualité et des homosexuels que l'on croyait - heureusement - d'un autre temps.
Que dit Jamel ? J'ai grandi avec des copains qui n'ont jamais pu révéler leur homosexualité parce qu'ils vivaient dans les «quartiers». Dans le même numéro JoeyStarr abonde : « Moi je viens des Antilles où on a encore un vrai problème avec l'homosexualité. Je peux te dire que tous ces mecs se taisent ».
Je peux moi-même témoigner de la chape de plomb hypocrite qui règne dans les quartiers où j'ai vécu et dans les écoles où il m'arrive d'animer des ateliers d'écriture.
Le « pédé » côtoie la « gouine » et autres considérations bien plus fleuries sur l'homosexualité au palmarès des pires insultes dans les cours de récréation et au-delà.
L'homophobie est indistinctement condamnable et, partout, elle touche toutes les catégories. Mais elle devient tristement ironique quand des populations victimes de discriminations excluent à leur tour...
Comme le dit Jamel, « en France, les homosexuels, les femmes et les immigrés sont souvent traités de la même manière. Ils sont obligés de se battre pour leurs droits, simplement pour se faire accepter ».
A l'heure où l'on débat de la légalisation du mariage homosexuel et de l'adoption pour les couples gays et lesbiens, la virulente condamnation d'une simple orientation sexuelle montre le chemin qu'il reste à parcourir dans la lutte contre le rejet absurde et infamant d'autrui parce qu'il est qui il est.






















