L’Unesco (organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) croit en la jeunesse. La preuve : 230 délégué-e-s de 135 pays siègeront du 17 au 20 octobre dans les quartiers généraux de l’organisation à Paris. Thème à débattre : « Comment les jeunes conduisent le changement ». Un rapport sera remis à la conférence générale de l’Unesco, qui oriente la ligne de conduite générale de l’Unesco. Rien de moins !
Créé en 1999, le Forum des jeunes rassemblent tous les deux ans des délégués internationaux âgés de 18 à 24 ans. A l’origine, deux constats. Le sentiment de n’être ni entendus, ni consultés dans la conception de réponses efficaces à différents problèmes de société. Leur capacité à agir pour redessiner les situations politiques et socio-économique de leurs pays ou de leur communauté. Comme l’a montré l’implication de la jeunesse dans le printemps arabe.
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« L’Unesco s’intéresse aux jeunes parce qu’ils sont plein d’idées, d’énergie, d’innovation, avance Golda El-Khoury, chef de section jeunesse, sport et éducation physique à l’Unesco. Leurs visions apportent quelque chose au monde ». Un sentiment que partage Edwin Leo Mokodompit, délégué indonésien de la session 2009. « Nous ne sommes pas seulement le futur, nous sommes aussi le présent. Il est temps que nous, la jeune génération, prenions part à l’action des gouvernements ».
Une jeunesse passionnée
Edwin s’investit dans différentes associations depuis ses 15 ans. « Des émeutes interethniques ont eu lieu près de chez moi à cette époque. Beaucoup de victimes se sont réfugiées dans ma ville pour des raisons de sécurité. Elles ont été placées dans des sortes d’aires d’évacuation. J’ai été très touché par ces jeunes de mon âge sans activités et traumatisés. Avec des amis, nous avons organisé des ateliers pour les rencontrer, discuter de musique, regarder des films… Notre école et nos professeurs nous ont soutenus. » Une initiative qui a intéressé le gouvernement local et national. Depuis, l’investissement d’Edwin pour la jeunesse est devenue une vraie passion.
Cette passion, tous les délégués la partage. « Agir dans des organisations centrées sur la jeunesse est une condition sine qua non pour participer au Youth Forum, précise Golda. Nous réunissons une jeunesse riche d’expériences sur le terrain. Ils ne représentent pas toute la jeunesse d’un pays mais peuvent en tout cas apporter un éclairage sur des problématiques ciblées. Ces délégués ont des choses à dire sur les difficultés rencontrées dans leur pays ou au sein de leur communauté. Le partage de leurs expérience bénéficient à toutes les générations ».
Des débats pour agir
Échanger, discuter, d’accord. Mais le passage à l’action alors ? « Le forum place ces jeunes au cœur des décisions. En 2009 par exemple, des déléguées ont demandé à être représentés dans les commissions nationales au sein de leur propre gouvernement. Pour expliquer et défendre eux-mêmes leurs recommandations. Une douzaine de commission, les Youth Desk, ont ainsi été créées.»
Edwin, aujourd’hui coordinateur du Youth Desk la commission nationale indonésienne, en confirme l’efficacité. « Ce Youth Desk a été créé en 2010.En Indonésie, les jeunes sont désormais impliqués dans des programmes à l’échelle locale, nationale, voire même internationale ». Ils ont impulsé, par exemple, le Social Movement Festival. Un évènement inventé pour apprendre aux jeunes à utiliser des médias sociaux. L’objectif consiste aussi bien à rassembler les jeunes qu’à contribuer au changement social et au progrès.
Émulation
Le Youth forum crée donc le lien entre des jeunes motivés pour améliorer leur société et leur gouvernement. Mais l’évènement permet aussi l’émulation réciproque. « J’ai été vraiment impressionné et inspiré par tous mes collègues du forum, confie Edwin. Par leurs contributions et leurs succès dans leur pays respectif. Le meilleur, pour moi, c’était de partager nos expériences, d’échanger nos points de vue et de travailler ensemble à des recommandations. J’ai pu sentir l’enthousiasme, un esprit fort et la volonté de contribuer nous-mêmes au changement ».
Pour la première fois, des déléguées rendront compte eux-mêmes de leurs travaux lors d’une séance plénière de la Conférence générale. Certains d’entre eux seront ensuite associés aux travaux des commissions pour débattre des programmes sur l’éducation, la culture, les sciences naturelles, les sciences sociales et humaines, et la communication et l’information. Cela dit, de retour au pays, pas facile de défendre un projet face à un parterre de hauts responsables. « Pour cette raison, les jeunes délégués de cette session suivront d’abord toute une journée de formation, explique Golda. C’est l’innovation de 2011.» Au programme : ateliers de réseautage, utilisation des réseaux sociaux pour influer sur les politiques, renforcement des compétences en communication et en leadership…
Le forum proprement dit occupera les deux journées suivantes. Des intervenants discuteront sur l’usage d’Internet pour impulser le changement, partager des informations et sensibiliser différents groupes ; l’importance de la démocratie pour les jeunes ; la manière de mieux accorder éducation et emploi, mais aussi le développement durable, la résolution de conflits, de la diversité, l’innovation sociale… Parmi les intervenants : l’Américain Forest Whitaker, acteur nommé ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco pour la paix et la réconciliation, l’auteur brésilien Paulo Coelho, Gigi Ibrahim, journaliste bloggeuse et militante socialiste égyptienne.





















