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Noir, chanteur… et français ? |
1988. Naissance de Princess Erika. « Avant, elle s'appelait Erika. Juste Erika », dit sa biographie. Dès 1982, la jeune parisienne forme avec ses sœurs les Blackheart Daughters, premier groupe de reggae féminin hexagonal, puis évolue avec Princess and the royal Sound.
1988, donc. La princesse, originaire du Cameroun, déboule avec le fameux Trop de bla bla qui cartonne sur les ondes et la révèle au grand public. Des sounds sytems de la Poterne des peupliers (Paris 13), Erika passe alors aux studios et plateaux TV.
Quatre ans plus tard, sortie d’un premier album éponyme. « Je ne suis pas quelqu’un qui se précipite. J’ai beaucoup d’exigence donc ça met plus de temps. Je suis assez contente car je n’ai jamais rien fait qui ne me plaisait pas. Les maisons de disques ne m’ont jamais aidées. Au contraire, elles m’ont mis des bâtons dans les roues ».
1995. Second opus, D'origine, dont le single Faut qu’j’travaille la propulse en tête des ventes françaises. Deux albums ont vu le jour depuis, dont un en 2006, totalement autoproduit, qui a bien failli être le dernier de sa discographie.
Touche à tout, Princess expérimente également ciné, théâtre, télé (où elle joue le rôle de Rosie, dans la série Camping Paradis, diffusée sur TF1) et même la télé-réalité, avec La Ferme Célébrités.
2011. Princess Erika is back! « C’était un périple de réaliser cet album», lâche-t-elle. Tout commence en 2007, avec Mariano Beuve, producteur de rap reconnu (Doc Gynéco, Minister Amer, G-Squad…). Fin 2009, alors que le disque est quasi finalisé, « Mariano est décédé brutalement ».
C’est avec Khalil - producteur, frère de la chanteuse Assia - que Princess Erika décide de poursuivre le projet. « J’ai tout réenregistré. Khalil a repris le flambeau, il connaissait bien Marianno. Il m’a amené au bout de mon projet en apportant vraiment quelque chose de nouveau sur chaque titre».
Mai 2011. Sortie digitale de Juste Erika chez Believe. « C’est un album de variété française dans le sens où je chante en français. Côté musique : « reggae, un peu de rock et parfois un peu de pop, électro, mais attention, la base reste reggae ».
Sur la scène musicale française, les artistes noirs ont principalement deux options pour exister : «musiques du monde» ou rap. Princess Erika fait partie des rares exceptions qui confirment la règle. Depuis quelques années, les maisons de disques produisent des artistes tendance soul/folk: Ayo, Asa, Irma... C’est essentiellement dans ce style qu’on retrouve des chanteuses noires. Au milieu des années 90, une vague de r’n’b français a déferlé (Vibe, K-reen, Trade Union, Tribal Jam...). Puis, néant.
«Les maisons de disques raffolent des parodies, de la copie. Pas de l’innovation, affirme la chanteuse, auteur, compositeur. La plupart ne connaissent pas la musique qu’elles vendent. Les décideurs veulent que le public, censé être blanc, puisse s’identifier à ses artistes. On stigmatise les chanteurs noirs, mais aussi une partie de la population ».
Avec plus de 20 ans de carrière derrière elle, Princess Erika estime toujours compliqué de sortir un disque : « c’est aussi difficile mais j’ai l’impression que les jeunes artistes ont plus de voies d’accès à leur public. Grâce à Internet. Et en même temps, comme il y a de plus en plus d’artistes, il faut être très précis et beaucoup travailler, communiquer. Avant, l’accession au grand public passait par des majors. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas car le public ne se trouve pas forcément derrière sa télé ou sa radio. Il faut aller le chercher. Vu que le support CD risque de bientôt disparaître, les concerts vont devenir incontournables. Les artistes vont être obligés de monter sur scène et de se confronter à leur art ». Et là, pas d’imposture possible !
â–º Juste Erika, le nouvel album de Princess Erika est disponible en version digitale chez Believe. Il sortira en CD début 2012.
En savoir plus: http://www.princesserika.fr























