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« Contrainte », « galère », « laid », « sauvage »... Longue est la liste des qualificatifs qui dévalorisent le cheveu crépu. Leysha, 25 ans, raconte son conflit capillaire : « Je porte une perruque et me défrise depuis 12 ans. Impossible de sortir avec ma touffe ! Quand je la peigne, j'ai l'impression d'avoir mis les doigts dans une prise électrique. J'aime avoir les cheveux lisses, comme tout le monde ! ».
Tout le monde ? Envie innocente, complexe, formatage ? Juliette Sméralda, sociologue, explique : « Dans les sociétés occidentales, un rapport dominant/dominé a été instauré durant l'esclavage. Les Noirs se sont conformés aux canons de beauté imposés. » À l'heure où des milliers de clones de la fameuse Beyoncé Coulibaly sillonnent les rues, Eva Doumbia, metteur en scène du « cabaret capillaire » Moi et mon cheveu, choisit de retrouver son nuage de coton : « Dans le monde, les femmes noires ont le même rapport conflictuel et intime avec le cheveu crépu. C'est un constat, l'objet du spectacle. » L’auteur relate son parcours : « À force de rajouts et de défrisages, j'ai souffert d'une alopécie de traction. Une perte de cheveux qui peut devenir irréversible... Sur les conseils de mon dermato, j'ai tout arrêté. Et j’ai aussi voulu me réapproprier mon image. Dire : «Je suis une femme noire, une Nappy« ! ».
Nappy, kesako ?
Contraction des mots, naturally et happy (naturel et heureux), ce mouvement américain revisite la coiffure culte Black is beautiful arborée par Angela Davis et les Black Panthers. Adopté depuis 2005 en France, le « Nappy » désigne les Afro-descendantes « naturelles et à l'écoute de leur histoire ». Mode, prise de conscience, ou revendication ? Retrouvez l'article intégral dans le nouveau Respect Mag "100% Noirs de France", en kiosque dès aujourd'hui !























