Quels points communs entre l’expérience d’un Noir brésilien, et celle d’un Haïtien qui vit au Canada ? Quelles différences ? Réponses dans le Festival international des films de la diaspora africaine.
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L’évènement veut ouvrir la réflexion sur le vécu des Noirs d’origine africaine partout dans le monde » explique Diarah N’Daw-Spech, co-directrice et fondatrice de l’évènement avec son mari Renaldo Barroso-Spech. Alors qu’ils vivent à New York, un constat frappe ce couple métissé - elle est afro-française, lui, haïtien-jamaïcain né à Cuba.
« Aux États-Unis, les Noirs de différentes origines ne communiquent pas entre eux. Ils n’échangent pas, ne se connaissent pas. » D’où l’envie de bâtir des ponts entre ces cultures à la racine commune. « Le festival révèle l’existence de fils d’une communauté à l’autre. Les films sélectionnés témoignent par exemple d’une forte présence de la culture africaine dans les Amériques du Sud et du Nord, comme dans les Caraïbes. Cet ancrage apparaît à travers la musique, le langage, la nourriture, le syncrétisme... En Allemagne, en France ou en Grande-Bretagne, c’est la question de l’identité qui revient souvent. Comment les Noirs vivent cette déchirure interne liée au passé colonial et à l’esclavage... Dans les différents pays africains, en revanche, le conflit entre tradition et modernité domine».
Représenter autrement la diaspora africaine
Dévoiler différents modes de vie mais aussi des expériences communes, pour recréer du lien donc. Pas seulement. « Le festival propose une alternative aux représentations habituelles des Noirs dans le cinéma. Aux États-Unis, les films les plus populaires montrent les personnes d’origine africaine comme des gangsters, des voleurs, des paresseux… L’autre tendance consiste à parler de la bourgeoisie afro-américaine, de ses conflits personnels, d’histoires centrées sur quelques individus. Ces films prétendent que tout va bien. Ils ne livrent qu’une vision partielle et restent simplistes. »
Les longs-métrages choisis pour le festival, eux, cherchent à creuser plus en profondeur les problématiques sociales et humaines de cette diaspora. Exemple, Besouro, le film d’ouverture qui retrace l’histoire d’un esclave brésilien. Son combat: sa dignité d’homme noir et la liberté de son peuple. Autre exemple, Une femme pas comme les autres. Sous couvert de comédie, ce film explore le problème de la polygamie en inversant le processus. C’est une femme, cette fois, qui s’entoure de plusieurs époux…
Créé il y a 18 ans, le festival est présenté pour la première fois à Paris du 2 au 4 septembre au cinéma La Clef. L’acteur Eriq Bouaney (Case départ, Chacun cherche son chat, Carlos…), parrain du festival, sera présent lors de la soirée d’ouverture.
Cinéma La Clef, 34 rue Daubenton, 75005 Paris
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Photo : Les fondateurs et directeurs du festival, Reinaldo Barroso-Spech et Diarah N'Daw-Spech.






















