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Hit Radio: «la première radio libre des pays arabes»

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26 Juillet, 2011
Par: Fanny Fontan

Hit radio est une radio marocaine, un mix entre Skyrock et NRJ. À 40 ans, Younes Boumehdi, son président, nous raconte l’épopée de sa création, dans un contexte où rap et radio libre se heurtent au conservatisme.

Comment est née Hit radio ?

Au Maroc, dans les 80’s, on n’a pas grand chose pour écouter de la musique. Ni satellite, ni Internet, ni CDs. Les radios publiques marocaines s’arrêtent à minuit. La musique est ignorée, les jeunes oubliés. Alors quand je viens à Paris, faire mes études en marketing et communication, j’écoute la bande Fm de manière frénétique !
Je rentre au Maroc en 93 avec une idée en tête : créer une radio qui s’adresse aux jeunes. Je fais ma première demande au Ministère de l’Intérieur. En vain ! Entre temps, je travaille comme commercial. Et j’écris tous les mois aux ministres.

Mohamed VI réforme la loi sur l’audiovisuel, en 2003. S’ensuit la création du CSCA (Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle). En 2005, je reçois un courrier. Le process est lancé. 7 nouvelles stations vont être créées. Indépendantes de l’État et de tout groupe d’influence. Ni politisées, ni confessionnelles. Après une rude compétition, je signe le cahier des charges le 17 mai 2006. Et le 1er juillet, c’est le jour J. On diffuse sur 7 fréquences, dans l’axe Rabat – Casablanca - Marrakech.

Au début, on est 5. On fait un peu du bricolage. On passe surtout de la musique : hip-hop, rap, RnB. On est dans un format Top 40. Un mix entre Skyrock et NRJ. Aujourd’hui, 40 % de la programmation musicale est marocaine. Tous les animateurs sont bilingues (français et darija, le dialecte marocain). On s’adapte au langage des auditeurs. On crée l’émission quotidienne de libre-antenne en 2007. Diffusée entre 20h et minuit puis en morning. Tous les sujets sont autorisés. C’est la première radio libre des pays arabes. On avait déjà bouleversé les mœurs en passant du rap à l’antenne…

Vous avez été sanctionné 3 fois par le CSCA. Pourquoi ?

La première sanction tombe en novembre 2007, pour la libre antenne. Verdict ? 10 000€ d’amende et obligation de diffuser un message d’excuses. On nous accuse de défaut de maîtrise d’antenne. Quelques jours avant, une auditrice raconte le viol qu’elle a subi, parce qu’elle ne sait pas à qui parler. D’autres auditeurs réagissent, pour partager leur expérience, la soutenir, lui rappeler son statut de victime. On se fait incendier par les journaux conservateurs. Mais, on assiste à un véritable élan de solidarité de la part des auditeurs.

La 2ème sanction fait suite à la description plutôt imagée d’un acte sexuel par une auditrice. On prend 15 jours d’interdiction de libre antenne.

Et la 3ème sanction, c’est un retrait d’un an de licence. Dans une reprise parodique d’ « Alors on danse » de Stromae, les paroles sont traduites en arabe. Et avec un peu d’imagination, à la place du « Alors on », on peut entendre « sexe ». C’est ridicule. Beaucoup de chansons sont vraiment plus explicites sur ce thème. Mais ils considèrent que l’on récidive donc on écope d’une peine plus lourde.

En tout cas, on a contribué à libérer la parole, en favorisant la prise de parole à l’antenne, à susciter des débats. Les conservateurs ont compris que leurs enfants vivaient une autre réalité que la leur. Au Maroc, on a une jeunesse très libre face à de vieux conservateurs. Nous, on assume le risque d’être insolents et décalés. La loi interdit de blasphémer sur l’Islam, de parler des affaires judicaires en cours. Quant aux critiques sur le roi, c’est plus souple. La presse écrite se permet des choses que nous on ne peut pas. Parce que la loi sur l’audiovisuel est plus stricte.

Vous dites avoir soutenu le Printemps de la jeunesse marocaine. Comment ?

En donnant la parole. On ne se positionne pas. Je ne trouve pas qu’un média a le droit de se positionner politiquement. Du fait d’être leader sur les jeunes, on a une responsabilité. On est très engagés sur le terrain. Mais pas politiquement. On crée le débat. Il faut que la jeunesse s’approprie la politique, la chose publique. Si on peut les inciter à s’inscrire sur les listes électorales, tant mieux !

â–º www.hitradio.ma

 
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Groupe de l’économie sociale et solidaire, investi dans les domaines de l'aide sanitaire et sociale, de l’insertion, du développement durable et de la presse citoyenne.