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L’entrepreneuriat, une vocation ?
Lorsque je travaillais chez McDonalds, j'avais développé le concept anniversaire enfants. Ce projet m’avait donné envie d’entreprendre car on avait tout créé de A à Z et c’était plutôt un succès. Petit à petit, on organisait 5 à 6 anniversaires par jour pendant les week-ends. Je me disais que j’aimerais bien créer une société autour des enfants. Puis j’ai repris mes études, j’ai été embauchée chez Coca-Cola. J’y ai passé 11 ans passionnants. C’est l’explosion d’Internet qui ma relancée sur l’entrepreneuriat.
Quel regard portez-vous sur votre carrière ?
J’ai gravi les échelons. J’ai eu des promotions régulières : en passant du siège au terrain, du marketing au commercial, par le service client, la formation. La possibilité d’évolution dans l’entreprise est importante. Créer un réseau également. Puis, j’ai fait un choix, celui d’entreprendre. Cela nécessite beaucoup de volonté, une bonne idée et surtout une bonne exécution en coulisses. Autre facteur de réussite essentiel : l’application de toutes les méthodes que j’ai apprises auparavant.
La polyvalence, c’est important ?
C’est essentiel. Tout comme la volonté de dépasser un certain nombre de barrières, de contraintes. Il faut oser. Oser demander des promotions. Oser demander un nouveau poste. Oser lancer un produit. Les femmes le font de plus en plus, ce qui était moins le cas précédemment. Il faut être curieux de ce qui se passe autour de soi. Etre ouvert aux différents métiers de l’entreprise, ne pas rester figer uniquement dans son service ou son bureau.
Difficile de gérer vies professionnelle et privée ?
La gestion du temps est primordiale, encore aujourd’hui, même si cela évolue dans le bon sens. Une femme, plus qu’un homme, doit s’organiser. Il faut savoir déléguer ce qu’on peut sous traiter, pour que l’univers de la famille soit assez bien organisé. Il faut aussi se dire que travailler représente un épanouissement important pour les femmes. Et, que si la maman va bien, toute la famille y gagne. Il ne faut pas culpabiliser de s’investir dans son travail.
Vous avez dû vous imposer auprès des hommes ?
Je ne me suis pas forcément posée de questions. Une chose est sûre : certains environnements sont plus masculins que d’autres. Quand je suis arrivée en management, dans la grande distribution, j’étais la seule femme. Et je me suis fait fort, en deux ou trois ans, d’avoir ramené des femmes managers, commerciales dans cet univers.
Ensuite, j’ai eu la chance d’évoluer dans une entreprise où il y avait des femmes à des postes à hautes responsabilités, des « roles models » ; Cela permet de se dire que c’est possible. S’il n’y avait eu que des hommes dans les comités de direction, j’aurais peut-être eu plus de doutes.
Un management au féminin, ça change quoi ?
Les femmes ont des qualités innées pour le management. Rigoureuses, pragmatiques, courageuses dans la prise de décision. Les femmes sont polyvalentes. Un point fort quand on est chef d’entreprise. Mon style est ouvert, transparent, convivial, mais très orienté sur les résultats. J’ai toujours été attentive aux ressources humaines car la vraie valeur d’une entreprise, ce sont ses hommes et ses femmes. J’essaye d’informer mes collaborateurs au maximum pour qu’ils comprennent toute l’entreprise et pas seulement leur secteur.
Photo : Belka
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