Micro-Crédit : Enda Interarabe
Quinze ans que Michael Cracknell délivre des micro-crédits aux apprentis entrepreneurs de Tunisie. « Notre ONG dispose de 65 agences, réparties dans tout le pays. Au départ, on aidait surtout les victimes de l’exode rural, dont les compétences en ville n’étaient plus utilisables. Avec la hausse du chômage, la demande de micro-crédit explose, les gens veulent créer leur activité. » Commerce, artisanat, offre de services… « Nos priorités: soutenir l’entrepreneuriat dans les campagnes, pour y maintenir les gens et l’emploi, ainsi que chez les jeunes, dont 40% rêvent encore de devenir fonctionnaires ! On monte des formations pour leur apprendre à trouver un créneau, s’organiser, gérer l’argent… »
Problème: Depuis janvier 2011, l’association peine à obtenir le remboursement de ses prêts. « La révolution a bouleversé toute l’économie. Et les nombreux micro-entrepreneurs qui faisaient venir leurs matières premières de Libye se retrouvent coincés. Du Forum, nous attendons une mise en relation entre ceux qui ont des projets, mais pas d’argent, et ceux qui peuvent leur en fournir ! »
Habitat : Un toit pour tous
« On existe depuis 1993, explique une responsable, mais sous Ben Ali, nos trois demandes d’agrément ont été refusées. On ne pouvait agir que de manière très limitée, par le biais du Rotary… » Cinq projets en sept ans. « Et déjà cinq autres depuis le changement de régime ! Après la révolution, trois d’entre nous ont quitté leur emploi pour se consacrer à plein temps, pour l’instant bénévolement, aux activités de l’association. »
A savoir, la rénovation de logements pour les plus démunis, notamment en zone rurale, « en respectant les besoins, les traditions et l’environnement », et l’aménagement d’espaces communautaires « pour redonner vie » aux quartiers : dispensaires, centres de loisirs… « Pour l’instant, on avance grâce à de petites donations, mais elles ne permettent pas de nous développer. De ce Forum, nous attendons des soutiens financiers ! On est en discussion avec la Mairie de Paris pour un partenariat. On croise les doigts. »
Handicap : Association d’animation culturelle pour les sourds de Sousse
« Dommage qu’il n’y ait personne pour traduire ce Forum en langue des signes », se désole un dirigeant de l’AACSS. Depuis 2007, l’association propose aux sourds de Sousse, à l’Est du pays, des activités sportives et culturelles. « Nos membres veulent vivre comme tout le monde ! »
Pour obtenir les ressources nécessaires à son développement, l’association manque des moyens de se faire entendre. « Nous n’avons pas assez de bénévoles relais. Et en Tunisie, il n’existe pas de langue des signes officielle, chaque sourd crée la sienne. » Preuve de la faible considération sociale du handicap, confirmée par le directeur de l’association Sindbad, qui installe des centres de télétravail pour handicapés dans tout le Maghreb : « Leur situation ne doit pas être considérée sous l’angle de la santé, estime-t-il, mais dans notre rapport à l’Autre, à la norme. »
Dans cette optique, l’AACSS forme sourds et entendants à la langue des signes française « pour qu’il puissent communiquer », tout en continuant à collecter les signes utilisés en Tunisie pour définir une langue commune à tous. « On veut aussi développer le dialogue avec d’autres associations, afin d’améliorer l’insertion des personnes porteuses d’un handicap.»
► www.aacssousse.com
► www.smsh.fr
BON À SAVOIR
→ Fondation de France
Depuis quelques années, l’ONG soutient le renforcement de la société civile au Maghreb. Pour booster son aide aux associations tunisiennes, elle a repoussé la deadline de son appel à projets 2011 au 15 septembre, au bénéfice notamment des associations après le 14 janvier. Celles-ci sont invitées à postuler, même sans avoir leur agrément, sous réserve que leur initiative soit liée à l’insertion professionnelle et l’accès aux revenus des jeunes vulnérables. Les procédures de candidature ont aussi été simplifiées. Plus d’infos : www.fondationdefrance.org
→ Service civique
Martin Hirsch a annoncé la mise en place d’ici septembre d’un programme d’échanges « équilibré », permettant à des volontaires français de soutenir l’organisation de la vie associative en Tunisie, pendant que des jeunes tunisiens pourront effectuer un service civique en France. www.service-civique.gouv.fr
→ Groupe SOS
A l’occasion du Forum, le groupe SOS et l’association tunisienne Amal pour la famille et l’enfant ont affirmé leur volonté de coopérer : d’abord via l’envoi de volontaires français en Tunisie et l’accueil en France de professionnels tunisiens de la solidarité dans les établissements du groupe SOS, puis l’apport d’expertise dans la mise en place de dispositifs sociaux sur le sol tunisien, l’échange entre travailleurs sociaux des deux pays, voire la création d’établissements de tourisme écologique et solidaire en Tunisie. www.groupe-sos.org





















