Future, au féminin, pourquoi?
Pour que les femmes apportent leurs visions et leurs solutions sur les grands thèmes d’actualité, au delà des questions de parité et d’égalité professionnelle… Elles l’ont toujours fait mais n’ont pas réussi à les promouvoir. Le fameux duel entre savoir-faire et faire-savoir ! Aujourd’hui, elles doivent pouvoir penser qu’un parcours de réussite est possible, ne pas avoir honte d’être ambitieuses.
Cela passe par l’exemple. Mettre en avant les femmes qui réussissent permet aux autres de s’identifier et de créer une émulation positive. Pour moi, Mercedes Erra a toujours été un modèle. Dans mes coups de blues, je pensais à elle, à son parcours, et j’entrevoyais un possible. Les femmes doivent s’organiser en réseaux afin de tirer les plus jeunes vers le haut. Les hommes le font très bien, nous avons plus de mal. On appelle donc à la solidarité, au pragmatisme et à l’efficacité. On ne peut pas toujours montrer les hommes du doigt. Eux, ne vont pas lâcher leurs places.
Il faut aussi aller voir les hommes au pouvoir, les inciter à accompagner la gent féminine vers des postes à responsabilités. Je veux aller les chercher pour qu’ils deviennent féministes ! Ils doivent comprendre qu’ils sont détenteurs du pouvoir et doivent agir pour que ça change. On ne veut pas d’une guerre des sexes, on veut un féminisme avec les hommes !
Vous prônez un « féminisme de propositions »…
Les associations féministes ont tendance à faire du buzz, du sensationnel. Par exemple « Osez le féminisme » lance prochainement une campagne de communication sur le clitoris. Le genre de choses qui discréditent le féminisme et développent la caricature. Comment légitimer des causes comme l’égalité professionnelle si l’on revient toujours aux questions traitées par les féministes, il y a 40 ans ? Le féminisme n’est plus à la recherche de liberté sexuelle mais demande l’équité dans l’entreprise et la politique.
Nous faisons des propositions sur des thèmes essentiels, comme la féminisation de la haute fonction publique. La première injustice s’opère sur les primes de fin d’année, nous demandons à revoir les modes de calculs. Afin que les femmes qui partent en congés maternité ne soient pas pénalisées pour le restant de leur carrière.
Lorsqu’on sort d’une grande école, pour accéder aux très hauts postes de la fonction publique, on est soumis à une mobilité géographique durant les six premières années suivant l'embauche. Or, c’est le moment où les femmes ont envie de stabilité, l’âge où elles deviennent mères. Nous demandons alors de remplacer l’obligation de mobilité des jeunes diplômées par la mise en place d’un entretien basé sur les compétences, les résultats, la détermination…
Nous nous opposons à tous ces mouvements qui posent la femme en éternelle victime, et dont les discours sont dépassés. Même si certains comportements restent à dénoncer (violences faites aux femmes, machisme...), il faut arrêter cette confrontation malsaine et pleine de sous-entendus. Les jeunes femmes ne s’y reconnaissent pas. Plutôt qu’un féminisme vindicatif, nous défendons un féminisme incarnant les valeurs de la République, pragmatique, qui cherche des résultats… et on en obtient seulement en travaillant le fond des dossiers et non leur surface.
Quelles sont les propositions, concernant la féminisation de la représentation politique, que vous comptez soumettre à l'Assemblée Nationale, le 14 juin ?
Beaucoup sont des propositions de loi :
-
Instaurer un temps citoyen, à l'instar du temps syndical, pris en charge par les partis politiques et reversés aux employeurs des femmes titulaires d'un mandat.
-
Prise par les mairies des frais de garde liés aux instances, dans lesquelles bien souvent les femmes sont exclues de fait, à cause de leurs contraintes familiales.
-
Instauration d'une parité stricte sur les postes d'attachés parlementaires, généralement tremplins pour une carrière politique.
-
Instauration d'une parité stricte sur les postes de secrétaires nationaux des partis.
-
Limiter le cumul des mandats et le nombre de mandats.
Nous demandons aussi la création d’un ministère de la Femme dont le ministre serait un homme politique d'envergure nationale, ayant déjà occupé de nombreuses fonctions (Bernard Tapie, Alain Juppé, Laurent Fabius...). Ce Ministère de la promotion des femmes serait directement rattaché au Premier Ministre afin de faciliter les financements et les arbitrages interministériels. Sa vocation n’est naturellement pas pérenne, mais consiste à procéder aux ajustements nécessaires en l'état actuel des inégalités hommes-femmes.
EN SAVOIR PLUS :
Photo : Darnel Lindor/Respect Mag






















