Blitz a été bercé par le groove de l'Afro Beat insufflé par Fela Kuti et les cuivres du Highlife*. C'est après avoir écouté une cassette de Public Enemy qu'il se découvre rapidement des affinités pour les paroles conscientes des rappeurs américains des années 90. Le message afrocentriste correspond aux attentes du jeune Ghanéen, qui a grandi dans la capitale du pays, Accra.
« C'est une petite ville mais qui reste très urbaine. La musique est partout dans les rues. Le Hip Hop est arrivé au Ghana dans les années 90. Les musiques écoutées quotidiennement dans ma jeunesse ont façonné la base de ma musique. Sur scène, je me produis avec des musiciens pour marquer mes attaches à la funk et au jazz africains, comme l'Afrobeat et le Highlife. On retrouve des cuivres, mais aussi des percussions, qui s'apparentent aux rythmes plus traditionnels.»
Au début des années 2000, il part aux Etats-Unis pour vivre de sa passion, la musique. « Je suis issu d'une famille assez éduquée. Au départ, je suis allé au lycée, mais j'ai vite fait un choix. Je me suis retrouvé à Brooklyn pour rencontrer des légendes du Hip Hop comme Questlove et Chuck D. Le style de vie à Brooklyn n'est pas très éloigné de celui des rues d'Accra. Il y règne la même ambiance. New York représentait pour moi une opportunité: celle de réaliser de la bonne musique. Par contre, les mentalités sont très différentes. Une opportunité ne se présente qu'une seule fois à New York. Aujourd'hui, Brooklyn est un quartier très fermé. »
Si le rêve américain de Blitz prend seulement forme en 2009 avec un album extra terrestre au titre non moins évocateur « Stereotype », le jeune homme ressent toujours le mal du pays. « J'ai intitulé mon nouvel album « Native Sun » par rapport à mon statut d'étranger aux Etats-Unis. Immigré, j'aime à me rappeler que ce sont les même rayons de soleil, qui brillent à Accra et New York. »
L'Afrique reste donc une préoccupation majeure dans l'esprit de Blitz. « La situation en Côte d'Ivoire me rend triste, car ce pays est voisin du Ghana. La population civile souffre, pendant que la communauté internationale soutient envers et contre tout le régime politique en place. Comme la plupart des pays africains, la Côte d'Ivoire paye encore les conséquences de la colonisation. Le problème reste la corruption. L'Afrique doit apprendre à se concentrer sur sa population. Si tout n'est pas parfait au Ghana, les dirigeants ont essayé de développer l'économie du pays pour subvenir au besoin de son peuple. En tant que musicien, je veux libérer les esprits ! »
*Musique coloniale née au Ghana dans les années 20, mélange de Swing, de Calypso et de percussions africaines, qui prit son essor au moment de l'indépendance du Ghana dans les années 60.
Blitz The Ambassador aux Trans Musicales de Rennes
www.myspace.com/blitztheambassador






















