Tu chantes en anglais, en arabe mais pas en français. Pourquoi ?
J’ai chanté pendant pas mal d’années dans les trois langues avec le groupe MIG. Là, mon choix artistique est de me diriger vers quelque chose qui me correspondait. L’arabe, c’est pour le côté sentimental et personnel. Et l’anglais, parce que ces deux dernières années j’ai écouté beaucoup de blues, de soul; c’est un univers dont je me sens proche. Je rends d’ailleurs hommage à Skip James. Mais ce choix n’est pas définitif. On a différentes sensibilités en fonction des époques.
Le mélange des instruments orientaux et occidentaux découle-t-il de tes influences châabi ?
J’ai choisi de ne pas trop mettre l’accent sur les instruments traditionnels. Même si j’ai invité un joueur de bendir sur Temet Liyam par exemple. Quant aux couleurs orientales, il s’agit surtout de samples. Je voulais me diriger vers une musique black et arabe en piochant dans ces couleurs. Le châabi c’est la musique populaire d’Algérie qu’écoutait mon père. Ces influences ressortent aujourd’hui instinctivement. La rythmique est plutôt arabe mais en même temps les instruments (guitare, basse, batterie) sont occidentaux. Je mélange les mondes.
Comment le disque est reçu en Algérie ?
J’ai eu des retours vraiment positifs sur les réseaux sociaux. Il y a beaucoup de ponts entre la France et l’Algérie. Et des retours super classes du Maroc et de la Tunisie. Klami est passée sur Radio 2M, une radio marocaine.
Tu es lauréate du Fair en 2011. Qu’est-ce que ça t’a apporté ?
Une certaine crédibilité, sur la sortie du disque, vis-à-vis des médias. La chanson Klami a été ajoutée sur la playlist de France Inter par exemple. Oui le Fair apporte de la reconnaissance car le jury est constitué de professionnels. Mais surtout, de la visibilité. On gagne deux bourses. L’une sert à la scène, et l’autre pour aider à monter un projet. Moi, mon album était déjà produit alors j’ai surtout profité de l’aide à la postprod, tout ce qui est scène, promotion…
L'autoproduction ?
Une déclaration d’indépendance. Je m’affranchis des contraintes du métier. J’en avais marre de devoir montrer patte blanche pour apporter mes maquettes. Mon répertoire était prêt. Il était temps de faire vivre mes chansons, de les donner à écouter et de les jouer sur scène. L’EP a été enregistré à Grenoble avec mon équipe de musiciens et mon ingé son. Il comporte 6 titres. Il s’agit d’un premier coup d’essai, une nouvelle expérience. Nous y avons mis beaucoup de sueur, mais la réalisation est gratifiante.
De quoi parlent tes textes ?
La thématique du disque est liée à ce que j’ai vécu ces deux dernières années, comme une photographie de mon état d’esprit à cette période-là : l’affirmation de soi, le volontarisme. Aller de l’avant, s’affranchir du passé, de la nostalgie. Ça correspond aussi à l’idée de passer d’un travail de groupe à une expérience en solo. La découverte de l’inconnu en somme.
Si on te compare à Hindi Zahra, ça t’énerve ?
Non, mais je ne pense pas avoir la même démarche artistique. En revanche, je trouve la sienne intéressante.
Djazia Satour - Klami (Musicast) 2010
En concert le 12 mai au Casino de Paris, puis à St Jean de Braye, Lusignan (86), Rouen (76), Toulouse, Venissieux (69), et Logwy en mai et juin.
En savoir plus: www.myspace.com/djaziasatour






















