La mode, tu es tombée dedans quand tu étais petite ?
Oui, je volais la machine à coudre de ma mère pour fabriquer des tenues pour mes poupées ! Ado, quand j’étais en France, j’allais à Saint-Ouen pour acheter des habits. Je les découpais pour voir comment ils étaient cousus…
Autodidacte ?
C’est comme ça que j’ai appris, oui. J’ai suivi ensuite des cours du soir. Je n’ai pas fait d’école de stylisme car, dans ma famille, c’était les études avant tout. J’ai donc fait un Deug de sciences-éco à Nantes. Un jour, un prof nous a demandé, comme exercice, de créer un événement pour rapporter de l’argent. J’ai organisé un défilé avec mes créations dans une boîte de nuit. Ça a été un succès énorme !
Cette expérience t’a poussée à travailler dans la mode ?
Mes études m’ont donné les moyens de le faire. J’ai d’abord cherché des aides pour financer mon projet. J’ai obtenu un stand au Salon du prêt-à-porter Who’s Next, à Paris. Je me suis fait connaître par des vendeurs du monde entier ! Mais je bossais dans mon appartement de Saint-Ouen. J’ai dû produire une centaine de pantalons : la panique ! Je suis d’abord allée au Maroc pour trouver des fabricants. Puis à Dakar pour monter un petit atelier.
Raconte-nous les débuts d’Adama Paris au Sénégal…
Je me suis entourée de tailleurs, autodidactes eux aussi. Mais quelle galère au début ! Je n’avais pas appris à faire de patron : impossible d’obtenir deux pièces identiques ! De mon côté, je portais toutes les casquettes : secrétaire, commerciale… Je passais dans les boutiques pour vendre mes productions. À Paris, c’était difficile. On n’a pas l’habitude des marchands ambulants qui déballent leurs vêtements devant vous… Mais aux États-Unis, ça a très bien marché !
C'est là-bas que tu as créé la Dakar Fashion Week ?
Oui, j’ai voulu montrer au grand jour les travailleurs de la mode à Dakar. C’était un univers très fermé, connu uniquement des gens du milieu. Il y a huit ans, pour attirer la
presse, j’en ai fait un événement touristique et j’ai invité quelques stars comme Ménélik, Samuel le Bihan. Maintenant, j’arrive à présenter une semaine complète de défilés.
Quelle mode veux-tu diffuser avec cet événement ?
Une mode multiculturelle. La création, ça se ressent, c’est lié à un parcours. Quand je travaille, je m’inspire beaucoup de ce que j’ai vécu. J’aime le mélange, le métissage. Mon rêve serait de créer des vêtements que chaque femme sur Terre puisse porter. Je vise l’universalité et non l’exclusivité.
PORTFOLIO: DAKAR FASHION WEEK 2010






















