Pourquoi vous engager en politique ?
Laïcité, république, minorités, discriminations, racisme, égalité des droits, éducation, questions internationales… J’interviens dans le débat public sur ces sujets depuis longtemps notamment dans le cadre du Pari(s) du Vivre-Ensemble que j’ai fondé avec Jean-Christophe Attias. Tout en gardant mon statut d’intellectuelle et d’universitaire, je pense pouvoir faire avancer les causes que je défends d’une manière plus forte, avec plus de possibilités d’aboutissement, en m’engageant dans la sphère politique.
En quoi vous sentez-vous proche d’un parti comme Europe Ecologie-Les Verts (EELV)?
Outre qu’il incarne une écologie politique dans laquelle je me reconnais, il abrite en son sein même une grande diversité. Les différents courants qu’on y rencontre ne rejoignent pas toujours mes idées, mais c’est un parti où il est encore possible de faire des choses et de débattre librement. Europe Ecologie - Les Verts n’est pas totalement institutionnalisé, ni figé. Ailleurs, il est plus difficile de faire entendre une parole comme la mienne, du fait d’une institutionnalisation plus forte, plus ancienne et plus ancrée.
Quelles idées avez-vous défendues ?
Celles que j’expose dans le Manifeste pour une écologie de la diversité, que j’ai cosigné avec Eva Joly et Noël Mamère. Notamment l’idée d’une laïcité raisonnable qui reconnaisse la part de l’appartenance ethnique, culturelle, religieuse, linguistique, celle d’une République forte parce qu’équilibrée et en harmonie avec la mixité réelle.
Quel bilan faites-vous des débats suscités au sein du parti?
Des débats positifs, très forts, parfois agités. Tout le monde n’est pas d’accord avec mes idées. Même si beaucoup me suivent. Une peur du communautarisme existe évidemment, comme une certaine défense de la République, qui peut paraître un peu rigide. Mais j’ai commencé à nouer un dialogue enrichissant avec nombre de militants, de jeunes notamment, qui incarnent l’ouverture à de nouveaux questionnements. Et c’est ainsi que je pense très vite trouver ma place et contribuer à la réflexion au sein du parti. Sans oublier que j’ai moi-même beaucoup à apprendre. Je suis heureuse de penser que nous allons ensemble faire des choses, même si, vous l’imaginez, nous n’allons pas changer le monde.
Dans ce manifeste, co-écrit avec Noël Mamère et Eva Joly, vous dites possible de « sauver et la laïcité et la République, à condition qu’elles soient revisitées (…) et qu’elles servent à créer les conditions d’une sociodiversité féconde »…
Nous devons recréer le tissu social déchiré entre ceux considérés comme du « dehors » et ceux qui se considèrent comme de « l’intérieur ». Réconcilier ceux qui se sentent exclus avec ceux qui semblent les rejeter pour diverses raisons. Je pense, comme Daniel Cohn-Bendit, que nous devons œuvrer, à EELV, à cette réconciliation. Aussi bien des communautés avec la République, que de la République avec ses communautés, pour créer un ensemble énergique qui ne laissera personne « dehors ». Ma peur, c’est aussi que ceux qui sont rejetés, rejettent à leur tour. Il n’y a là rien de positif. Il faut passer à l’ère de la réconciliation de cette société minée par tant d’incompréhensions. Le patriotisme ne me dérange pas. Je suis seulement gênée par le nationalisme revendiquant une « authenticité », celui qui rejette l’immigré, ses descendants, les différences.
Comment envisagez-vous la suite?
Avec conviction, détermination et enthousiasme. Mes priorités ? Faire avancer les causes que j’ai toujours défendues jusqu’à présent. Travailler dans le cadre d’un dialogue constant avec EELV et ses militants. Sans oublier bien sûr que, si je suis élue, je serai aussi, outre les questions de portée nationale ou internationale, le relai actif, au Sénat, des préoccupations du département où je suis investie, le Val-de-Marne.
Photo: Pierre Terrasson






















