C’est l’histoire d’Anne… Diplômée d’une école de commerce, dotée d’une expérience en coopération internationale, elle ne parvient pas à trouver du travail. « Aucun succès, malgré des candidatures ciblées ! En lisant un article sur Nos quartiers ont des Talents, j’ai pris conscience que d’autres partageaient mes difficultés, qu’elles n’étaient pas simplement dues à la conjoncture… J’ai contacté l’association. » Qui la met en relation avec un binôme de parrains, du groupe Saint-Gobain.
« Anne avait du mal à faire le lien entre son parcours en ONG et l’économie de marché, se souvient Patrice Richard, Président de Point P S.A. Notre rôle a été de lui faire comprendre qu’elle ne devait pas mettre en avant son savoir-faire théorique, mais son savoir-être, sortir de sa réserve pour faire valoir son énergie, ses qualités humaines.
Pendant un mois, nous nous sommes vus toutes les semaines. » De quoi rebooster sa confiance en elle. « Des gens dotés de responsabilités en entreprise qui vous donnent des clés pour améliorer vos candidatures, ça motive ! » Un mois et demi après, elle décroche un poste, via un collaborateur de son parrain. « Pas le but initial ! précise celui-ci. J’avais demandé à quatre de mes chefs de service de lui faire passer des entretiens théoriques, pour la préparer à l’exercice. Bluffé par ses qualités, un lui a proposé un CDD. » Durant lequel Anne fait ses preuves. « Je me suis donnée à fond, j’ai été gardée. »
Si l’histoire est belle, elle ne doit pas masquer l’ampleur du problème : « L’existence même de ce dispositif montre que l’ascenseur social ne fonctionne pas ! » estime Anne. « Il est urgent de systématiser ce genre d’opérations, d’aller plus loin, plus vite, estime Patrice Richard. Aller chercher ces personnes là où elles sont, inciter les DRH à participer à des salons de recrutement en banlieue. Le premier contact physique est bien plus important que le CV ! »
Ne pas hésiter à recruter des profils atypiques, et savoir les garder. « Sans les traiter différemment des autres, apprendre à manager intelligemment ceux qui, au départ, ne maîtrisent pas les codes. Face à quelqu’un qui peine à arriver à l’heure ou à accepter l’autorité, faire comprendre le problème sans vexer. Je suis ravi de cette expérience. J’invite tout le monde à s’y ouvrir. »
►A lire dans le nouveau Respect Mag: "Grand angle: L'emploi face aux quartiers". En kiosque dès le 11 janvier.





















