Pas simple de décrocher un job quand on débarque sur le marché de l’emploi. Et si, en plus d’être jeune, on a un handicap, la démarche peut vite se transformer en parcours du combattant !
Les obstacles à l’insertion professionnelle ? « Pas de règle en la matière, car le handicap recouvre des réalités très différentes, répond Nicolas Bissardon, ingénieur commercial du site Handicap.fr. Pour prétendre à un emploi dans le milieu ordinaire, il faut d’abord régler la question des diplômes, de l’autonomie ».
Une autonomie qui, même partiellement, peut désormais s’appuyer sur le numérique, à l’image de cette récente application I-Phone qui localise les places handi en temps réel. Inimaginable il y a encore deux ans !
Des évolutions technologiques, mais aussi légales : avec la loi du 11 février 2005, la scolarisation d’un enfant handicapé dans un établissement classique est devenue un droit.
Résultat : en cinq ans, la présence de jeunes handicapés a fait un bond de 30 %. Une avancée sociale, qui ne règle pas entièrement la question. « L’orientation reste un vrai casse tête, reconnaît Thierry Laurent, proviseur adjoint du lycée de Montgeron (91) et directeur des études au centre médicopédagogique de Varennes Jarcy. Il faut savoir faire preuve de réalisme, ne pas leurrer le jeune et sa famille : une pathologie lourde peut être handicapante pour certains métiers ».
Le sida reste tabou
La réalité implacable du monde du travail ne semble pas entamer la détermination des jeunes actifs. Scolarisés, diplômés, ils sont pourtant confrontés à la discrimination. Fred, jeune sourd de 22 ans, suit une formation aux métiers de la logistique : une vraie galère pour dégoter stages et contrat d’apprentissage.
« On m’a refusé un emploi parce que j’étais sourd. Je ne parle que la langue des signes, donc ça crée parfois un blocage avec les patrons. Ils ont un peu peur ». Conscient des réticences des employeurs, Medhi, étudiant en école d’ingénieur, a choisi de ne pas mentionner sa surdité sur son CV. Réaction immédiate de ses potes : « T’aurais dû le mettre !
Les entreprises embauchent plus facilement quand t’es handicapé ». Même vaguement, ces jeunes ont tous entendu parler de la loi du 11 février 2005 qui a renforcé les pénalités pour les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations. « Le chemin parcouru ces cinq dernières années par les entreprises est immense », estime Nicolas Bissardon.
Cependant, « on se focalise sur le handicap moteur ou sensoriel, regrette-t-il. Mais 80 % des handicaps sont invisibles. Être séropositif, par exemple, reste extrêmement tabou et stigmatisant. Il y a encore un gros travail de sensibilisation à mener ».
Dessin: Mounir























