Des fêtes au profit des personnes handicapées, ça, oui. « On fait toujours des événements pour récolter des fonds. Mais en dehors de ces manifestations, on ne voit pas les jeunes handicapés », regrette Ryadh Sallem, fondateur du Défistival.
Otto, jeune homme tétraplégique de 21 ans, en sait quelque chose. Fêtard invétéré, il admet être souvent « le seul handicapé de la boîte » lorsqu'il sort. « Et quand j’arrive, les gens sont un peu perdus. » Du coup, il retourne dans les mêmes endroits, parce qu’il y a ses habitudes. Chaque nouveau lieu, chaque nouvelle salle peut se révéler pleine de (mauvaises) surprises. « Les discothèques,restent un espace d’exclusion, estime Ryadh Sallem. Quelques gérants sont attentifs à la question, mais c’est loin d’être la majorité. Et côté bars, il y a le problème de l’architecture : si tu arrives avec deux ou trois fauteuils, c’est tout de suite compliqué ». Marches, couloirs étroits, pas d’ascenseur : se rendre à la soirée de l’année demande une bonne dose de détermination. « De toute façon mes amis ne me laissent pas le choix, sourit Otto. Ils me poussent à y aller, et me font oublier le reste ! ».
« La révolution à coups de cocktails »
« Aux States, presque tout est adapté, on voit des personnes handicapées partout, remarque Otto qui vit à Boston depuis plus d’un an. C’est une autre mentalité. En France, les gens n’ont pas l’habitude ». Conformiste, finalement, le monde de la nuit. Des clivages auxquels Ryadh Sallem est bien décidé à s’attaquer. « Il y a deux manières de faire la révolution : à coups de cocktails Molotov… ou à coups de cocktails ! », rigole-t-il. Pour lui, ce sera la seconde. Huit ans déjà qu’il organise le Défistival à Paris. Un festival qui réunit (gratuitement) personnes valides et non valides, associations et artistes : 20 000 visiteurs l’année dernière ! « On rassemble tout le monde, confie Ryadh. C’est ça, le secret ».
Photo: Homardpayette























