HOMO & MUSULMAN: SOIF DE DIALOGUE
Ludovic Lotfi Mohamed Zahed : Pourquoi avoir accepté cet entretien ?
Tareq Oubrou : Ce qui m'intéresse dans ce dialogue, c'est de contrecarrer cette idée néfaste et grave qui consiste à excommunier les homosexuels. On est confrontés à un ignorance crasse. Il m'importe aussi de préserver la foi et l'égalité des gens qui ont cette sexualité. Je ne cautionne pas l'homosexualité qui est éthiquement réprouvée en islam.
Pensez-vous que la personne peut choisir, de manière consciente, son désir vers un homme ou vers une femme ?
Pour moi, l'homosexualité est un choix. Conscient ou inconscient, c'est un choix. Plus ou moins conditionné. Il n'y a pas de choix absolu. Ce n'est pas une pathologie, ni psychologique, ni biologique. Nous sommes traversés par beaucoup de sentiments et d'instincts, qu'on ne choisit pas, qu'on tente de canaliser, d'orienter, de gérer. Ces instincts ne sont ni bons ni mauvais. Je ne juge pas. Selon les spécialistes des sciences humaines, on ne choisit pas sa sexualité de manière consciente.
Je vous mets au défi de retrouver le souvenir, dans votre adolescence, du jour où vous vous êtes dit : « Je vais être hétérosexuel. » Pour nous, la question ne se pose pas. A 8 ans, je savais que j'étais différent.
Ce sont les valeurs qui orientent les gens vers tel ou tel comportement…
Absolument pas ! J'ai été éduqué dans des valeurs très islamiques, j'ai fait ma prière depuis tout jeune, je connaissais la moitié du Coran alors que je n'avais même pas 17 ans. L'éthique islamique, je l'ai bue au biberon. Lire la suite sur Rue89
VU SUR 
Pour alebergerie: C'est important d'entendre une voix tolérante venue d'un camp (la religion) notoirement intolérante ("notoirement" parce que ce sont comme toujours les plus excités qui parlent pour elle, et qui colorent son visage, tandis que la très fameuse majorité se tait, et passe pour ce qu'elle n'est pas forcément).
Cette voix a de la valeur, aussi, je crois, parce qu'elle vient de quelqu'un qui n'est pas complaisant, et qui, malgré un conditionnement qui le place dans la position de l'adversaire, échappe à ce conditionnement en le nommant, en ne le rejetant pas, mais en lui enlevant de son pouvoir ; c'est donc un esprit plus libre qui parle, et ça c'est rare, c'est précieux, et c'est libérateur.
amonhumbleavis interroge les internautes: Vous connaissez des homosexuels croyants? (quel que soit la religion?) Vous ne pensez pas que ce genre de discours, bien que bancale peut les aider?
sanlucar : je fus un homo croyant et non, ce discours hypocrite et sournoisement culpabilisant ne m'a jamais aidé, bien au contraire...
amonhumbleavis: Vous auriez préféré un rejet net?
sanlucar: oui, ça m'aurait fait gagner du temps...
amonhumbleavis: C'est une façon de voir les choses... mais il y a des homo croyants...
Pierre101 rejoint sanlucar: 100% d'accord. Je ne comprendrai jamais les gens qui disent que l'homosexualité est un choix.....comme si on choisissait! On ne choisit pas non plus d'être hétéro, ou bien d'avoir les cheveux blonds! On ne choisit pas d'être homosexuel, on est homosexuel point. Et effectivement, le seul choix est de l'accepter....ou d'être malheureux....
Lancetre félicite (avec ironie) la publication de cet article: Géant ! La Rue a trouvé UN imam qui considère que l'homosexualité relève du libre choix des individus. Cela fait, légitimement, la "une". Combien en reste-t-il qui sont persuadés du contraire ? :-)))
Réponse de Thierry Reboud: Alors, d'abord : non. Il y en avait d'autres, je cite : Nous aurions pu interroger Soheib ou Ghaleb Bencheikh, ou encore Abdennour Bidar, et obtenir des réponses plus directement favorables à l'égalité des homos (c'est juste avant l'entretien). D'autre part, Tareq Oubrou se revendique comme l'imam de la majorité silencieuse, et allez savoir s'il n'aurait pas raison.
Ensuite, ce qui me paraît d'ailleurs plus gênant, c'est justement que Tareq Oubrou considère que l'homosexualité est un choix. Ce que lui répond Ludovic Lotfi Mohamed Zahed, c'est que ce n'est pas un choix (je cite à nouveau : Pour nous, la question ne se pose pas. A 8 ans, je savais que j'étais différent).
Je dois dire que j'aurais de loin préféré qu'Oubrou déclare que vivre librement son homosexualité est un choix. Là, je n'aurais eu aucune réticence. C'est d'ailleurs peut-être sa position, dans la mesure où il a signé l'appel contre l'homophobie.

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