3000 éclaireurs israélites. 2000 scouts musulmans et plus de 67 000 scouts et guides de France. Augmentation des effectifs pour les uns, stabilisation pour les autres. Le scoutisme a beau avoir été créé il y a un siècle, il attire encore. Mais pourquoi ?
«On passe de bons moments et c'est en lien avec la religion», déclare Théo, scout de 14 ans. Pour son amie Céline, 15 ans, le scoutisme est une tradition familiale : «J'aime bien. J'y ai des amis. En plus, mon père est chef de groupe».
Ecolos «Les scouts ont un certain état d'esprit : respecter les gens, la nature. Des valeurs que l'on gardera toute notre vie», confie Geneviève, 17 ans.
Qui dit scoutisme dit camp scout. Les différentes associations s'attachent à avoir une approche responsable de l'environnement pour «habiter autrement la planète», précise Guillaume Légaut, président des Scouts et Guides de France. Pour preuve, son organisation met en place l'opération CitéCap en juillet. L'idée ? Rassembler « un camp éco-citoyen de 8500 chemises rouges en Gironde ». Moyen de transport pour s'y rendre? Le vélo, bien sûr !
Spirituels «Ma vie religieuse se déroule surtout au sein des scouts» explique Aurélie. Messes, shabbat, prières... Qu'ils soient juifs, musulmans ou chrétiens, les scouts ont en commun l'éveil à la spiritualité.
«Dans nos camps, nous faisons l'appel à la prière mais elle n'est pas obligatoire. A sa place, des temps spirituels sont proposés. Des aumôniers sont présents et la nourriture est hallal depuis 1996 (ndlr: le mouvement date de 1991). Mais rien n'est imposé», explique Yves Hajj Bernard, président des Scouts Musulmans de France (SMF).
«Depuis 1932, un "minimum commun" est voté tous les trois ans en conseil national», explique Benjamin Bitane des Eclaireurs israélites. Actuellement, il oblige les enfants à respecter le shabbat, la cacherout (1), la prière avant et après manger et une prière quotidienne. Le principe est de trouver un juste milieu entre les différentes sensibilités représentées sur les camps.
Point commun aux trois associations : «les temps spi». Traduisez : temps spirituels. Il s'agit plus de moments pour parler de Dieu, de sa foi ou d'expériences personnelles, que d'une instruction religieuse.
« Ouverts à tous » Bien que les différentes associations de la Fédération du scoutisme français s'inscrivent dans une foi particulière, elle travaillent toutes l'ouverture. «Nous accueillons aussi des enfants d'autres religions ou athées, venus accompagnés leurs copains», déclare le président des SMF.
Les trois asso se réunissent pour des évènements comme les 100 ans du scoutisme ou la Flamme de l'espoir, lancée par les scouts musulmans. Au niveau institutionnel, elles organisent des formations communes. Elles entendent ainsi créer ce qu'Yves Hajj Bernard appelle une «fraternité abrahamique». C'est justement dans cette optique de dialogue entre les cultures et pour éviter le repli communautaire qu'ont été créés les scouts musulmans. «En 1991, au moment de la première guerre du Golfe, le Cheikh Khaled Bentounès fonde l'association. En pleine tensions entre Orient et Occident, le but est de créer des ponts entre les différentes cultures et religions. En s'adressant aux jeunes, les SMF veulent leur permettre de se sentir à l'aise dans la société française et avec leurs origines».
(1) Cacherout : code alimentaire juif.
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