Pourquoi créer un groupe en faveur du dialogue interreligieux ?
J'y pensais depuis quatre ou cinq ans. Cette année, j'ai rencontré Samuel Grzybowski, président de l'association métropolitaine "Coexister", de passage sur l'île. J'ai décidé de monter un groupe réunionnais sur le même principe. Avec Adeline Cousin, une amie, nous avons contacté l'évêque du département. Il nous a assuré de son soutien. Sur l'île, il existait déjà le Groupe de dialogue inter-religieux de La Réunion (GDIR), mais il n'est animé que par des adultes. Nous voulons élargir l'initiative aux jeunes. Attention : l'association n'est pas un lieu de recrutement. Nous ne cherchons pas à convertir, mais à apprendre ! Prier différemment, ça ne veut pas dire que l'autre prie mal !
Comment cohabitent les communautés sur l'île ?
Notre territoire porte bien son nom : ici, c'est vraiment la réunion ! Nous sommes sept communautés et il y a une grande convivialité. Les gens sympathisent vite. Nous avons l'habitude d'accueillir l'autre, au-delà de sa différence religieuse ou culturelle. Nous cherchons à connaître celui qui est différent. Une même famille peut rassembler différentes confessions. On se réunit au-delà des différences.
A ce jour, qui sont les membres du groupe ?
Nous sommes deux catholiques à l'origine du projet. Un étudiant nous a rejoint, chrétien lui aussi, d'origine indienne. Le quatrième membre fondateur est musulman. Son oncle est le président du GDIR.
Quels projets voulez-vous mettre en place ?
Un de nos objectifs est de rédiger une prière commune. Nous pensons nous rendre dans différents lieux de culte. Par la suite, nous devrions nous orienter vers le social : aller dans les prisons, les hôpitaux ou auprès des sans-abris. J'anime également une émission de radio depuis un an ; j'aimerais réserver un temps d'antenne à l'interreligieux et y faire intervenir l'association.
Quel regard portez-vous sur les tensions au sujet de la religion en métropole ?
Il serait bon d'apprendre à connaître son prochain, quelle que soit sa couleur de peau, sa langue. Laisser place à la rencontre et miser sur la carte de la réciprocité.
Etes-vous religieuse ?
Je baigne dans la religion depuis ma naissance. J'ai eu une rencontre avec Dieu à 17 ans. Depuis, je me sens conduite dans tout ce que j'entreprends. Je considère que le Christ vit en moi et qu'une de mes missions est d'aider les autres. J'ai plusieurs activités bénévoles : je m'occupe d'une chorale pour jeunes, de l'émission de radio... Je veux être là où on a besoin de moi. Je n'ai pas besoin de dire que je suis chrétienne, c'est ma façon d'agir qui doit le faire pour moi. Le dialogue interreligieux s'inscrit dans cette démarche.
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