Tout commence par une rencontre. 2005, Ecole du Louvre : Yasmine et Camille sont respectivement en première et deuxième années. Passionnées par le Moyen-Orient, elles optent pour la même spécialité : Arts de l’islam. « Sur les trois promotions de l’école – soit plus de 700 élèves – on n’était qu’une dizaine à vouloir se spécialiser en culture islamique », précise Camille. Des cours en petit comité qui facilite leur complicité.
Quatre ans plus tard, après divers stages au Louvre, au British Museum ou en archéologie et médiation culturelle, les deux amies élaborent le projet AsILE : Artists Support and Impulse to Levant hEritage. Traduction : soutien aux artistes et impulsion au patrimoine du Levant. En clair : contribuer à la sauvegarde du patrimoine libanais, syrien et jordanien, tout en aidant des artistes locaux à exposer en France, en Europe ou encore sur des sites historiques de la région.
Beau programme, né d’une autre amitié, entre Yasmine et un peintre palestinien réfugié en Jordanie. « Cet ami est récemment venu à Paris, après quelques tracas administratifs. La première chose qu’il a voulu voir, c’était le Louvre ! Il en avait les larmes aux yeux ! Il connaissait par cœur les collections. Ça nous a donné envie d’aider des artistes comme lui - peu reconnus - à rencontrer d’autres artistes de la région pour échanger, porter un autre regard sur leur patrimoine », explique Yasmine.
Concrètement, le programme vise à faciliter les échanges entre créateurs, sensibiliser le public à la préservation de leur héritage culturel - à travers des ateliers dans les écoles, des visites, de la médiation - et aussi à proposer une sorte d’asile artistique en Europe. « Grâce à l’art, on rendrait leur fierté à ces peuples. Notamment en mettant en valeur leurs incroyables richesses : peintures murales, décors architecturaux sculptés ou de céramique, mosquées, églises … »
Aujourd’hui, AsILE est une association prête à s’implanter durablement au Liban, en Syrie et en Jordanie. Camille repart en Syrie fin août pour un mois. Elle se rendra ensuite au Liban où Yasmine la rejoindra en octobre. Les chefs de projet en herbe ont déjà démarché de nombreux partenaires institutionnels, susceptibles de les financer. Reste à concrétiser leur soutien et…à séduire les médias aussi bien locaux qu’internationaux ! Des filles motivées à ne pas perdre de vue…
contact.asile(at)gmail.com (le site de l’asso est en construction)
LA PETITE HISTOIRE...
Créé
par les sœurs jumelles du Quartier Général - dont Respect Mag vous a déjà parlé (cf. article sur Les Bouboys) - le logo d’AsILE fourmille de messages. Le nom de l’asso et la main qui l’illustre se répondent. Sur les doigts, de gauche à droite : un crayon et un pinceau pour la création (Artists), le clou pour la restauration (Support et Impulse) et la colonne pour les monuments antiques (Levant hEritage). Les lignes de cette main dessinent également la carte du Moyen-Orient avec la Syrie, le Liban et la Jordanie.
Dernières explications : « A nos yeux, cette main représente aussi bien la sagesse, un salut ou la main de Fatma. On peut aussi la voir comme un oiseau avec les doigts comme ailes et le pouce comme tête. Pour symboliser un envol, un nouveau départ. Et AsILE s’écrit avec un ‘s’ minuscule pour y lire à la fois ‘ASILE’ et ‘AILE’. Tout est lié ! »






















