Le 18 septembre, tu présideras la 8e édition du Défistival. Comment a-t-il évolué ?
La première édition a vu le jour à l’occasion de l’Année européenne des personnes handicapées, il y a sept ans. C’était supposé être un « one shot » mais vu le succès – 10 000 participants ! (ndlr : 20 000 depuis) – on a renouvelé l’expérience. A l’époque, on avait surtout mis en avant le monde associatif et les entreprises. Aujourd’hui, on insiste davantage sur le sport, les activités culturelles, les débats… autour d’une thématique précise. Cette année, le Défistival s’inscrit dans le cadre de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les personnes en situation de handicap ont peu accès à l’éducation et à l’emploi. Elles sont donc souvent victimes d’exclusion. 2010 est aussi l’Année internationale de la biodiversité. Pour moi, le Défistival réunit une sorte de « biodiversité humaine » où chacun se présente avec sa particularité. La richesse dans la diversité !
Le regard porté sur le handicap doit changer. Des pistes ?
Le préjugé ne se dissout que par la rencontre de l’autre. On ne peut pas respecter quelque chose ou quelqu’un qu’on ne connaît pas. J’ai lu Handicap : pour une révolution du regard de Danielle Moyse, prof de philo. Elle y explique que le mot respect a pour racine indo-européenne le terme « spek » qui signifie « contempler, observer ». Il faut éduquer à la différence, créer des rencontres. Ne pas généraliser car il existe toutes sortes de handicaps. Ouvrons les portes et les fenêtres ! Sortons de nos grottes !
Ton message est très positif…
…mais je ne vis pas au pays des Bisounours ! On peut surmonter les différences des uns et des autres et s’en enrichir, sans être dupe. A travers le Défistival et mon association Capsaaa (Cap sport, art, aventure et amitié), mon but est mettre en avant le handicap pour le faire accepter. Nous sommes des animaux qui nous nourrissons de l’autre, des êtres faibles qui ont besoin d’échanges. Je vois le handicap comme le symbole de la force de l’humanité : si des handicapés de tout âge sont présents dans la société, c’est parce qu’on s’occupe d’eux, qu’ils vivent mieux, grâce à des infrastructures sociales et sanitaires adaptées. On crée le possible, on donne sa chance à tous.
Sportif de haut niveau, tu as passé dix-huit ans en équipe de France. Le sport, moteur d’intégration ?
Je n’en connais pas de meilleur ! Universel, fédérateur, éducatif, porteur de valeurs…Le sport te permet de te dépasser, de voyager, d’échanger. Il prend en compte la réalité bestiale de l’homme, son besoin de compétition, de domination et le canalise. Une version civilisée de la guerre, en quelque sorte. Le sport met chacun sur un pied d’égalité : n’importe qui peut te mettre une raclée ! Même l’adversaire que tu avais sous-estimé.
Le mot de la fin ?
Notre société doit dépasser le concept de la loi du plus fort. Sortir du modèle capitaliste technocrate et spéculateur pour revenir à un entreprenariat social où l’argent est un outil de développement, de solidarité, pas une fin en soi.
Défistival, le samedi 18 septembre de 10h à 21h, Champ de Mars, 75007 PARIS. http://www.defistival.org





















