Tout juste rentrée de vacances, Kashink donne rendez-vous près de chez elle. Au Bonobos Café, dans le 20e. Pantalon large, t-shirt noir avec une peinture de Jean-Michel Basquiat, cheveux blonds attachés avec un pinceau et yeux clairs légèrement maquillés : Kashink est une fille simple, naturelle, indépendante.
Graffeuse depuis cinq ans, elle précise qu’elle « n’a jamais cherché la reconnaissance du milieu ». « Je m’y suis mise à un âge (ndlr : 24 ans) où on a déjà un parcours de vie, des influences très précises. » Après des études de comm / RH au CELSA pour faire plaisir à ses parents, celle qui rêve de devenir tatoueuse plaque tout pour une formation de peintre en décor. « Je voulais faire de ma passion, mon métier. J’ai toujours été créative : peinture, pochoirs, couture, customisation de fringues. Ce qui m’a permis de développer une certaine maturité artistique. Je suis assez fière d’avoir su créer mon propre univers. »
Ses sources d’inspiration : le tatouage, le folklore mexicain mais surtout… l’artisanat d’art ! « Une tradition qui se perd en France. » Alors quand elle est à l’étranger, Kashink prend toujours le temps de découvrir les artisans locaux. « J’adore piocher chez des virtuoses de la technique. »
Art et spiritualité
Pourquoi peindre des masques ? « Une thématique universelle. Qu’il s’agisse de rites religieux, de carnavals ou de rapports sociaux inversés, le masque est présent dans toutes les cultures, depuis toujours. Symbolique, il peut aider à se révéler en tant que personne. Dans notre société, notre ‘Comédie Humaine’, nous portons tous des masques. Ce qui n’est pas forcément négatif. On doit être capable de jouer sur plusieurs tableaux. Mais au final,ce petit jeu se soldera de toute façon par la mort. ».
Très intriguée par la cérémonie d’El Dia de los Muertos, au Mexique (ndlr : l’équivalent de la Toussaint), où on déterre les ossements des ancêtres avant de faire la fête toute la nuit, l’artiste déplore qu’en Occident, « on évacue la mort, devenue taboue. Les veillées funèbres n’existent plus, on pense que la vieillesse est sale. »
Quand Maëva a 8 ans, son père athée se convertit au catholicisme puis à l’orthodoxie. « En un week-end mes parents se sont mariés, j’ai été baptisée et fait ma première communion ! Ma sœur et moi avons reçu une éducation religieuse stricte. Je m’en suis détachée à l’adolescence, mais le folklore ne m’a pas quitté. » Sa première série, ‘Sanctificados’ représente des personnages en lien avec des interrogations spirituelles : « pourquoi certaines personnes seraient plus dignes d’être saintes que d’autres ? »
A Lyon, pour sa première expo perso en galerie, Kashink présentera du graff et des installations. « J’ai peint de vrais masques, fabriqué des crucifix… Il s’agira de présenter des séries thématiques, quelque chose de pluriel techniquement parlant, de plus abouti. » Fin octobre, la graffeuse peindra une fresque au WIP de la Villette, entourée d’artistes féminines, dont Bams et YZ. L’occasion de prouver que les femmes peuvent s’imposer dans un milieu hip hop très macho. Objectif : « se valoriser avec des trucs simples : ses passions, ses capacités… En tant que femme, ça me parait essentiel ». A bon entendeur!
Expo « Mascalaveras », la Muerte Loca à la galerie All-Over, 41 rue des Tables Claudiennes, 69001 LYON. Du 9 septembre au 7 octobre. En partenariat avec Respect !
Participation au Défistival au Champ de Mars, le 18 septembre (réalisation d’une fresque)
« Re-belles » au WIP Villette, 211 avenue Jean Jaurès, 75019 PARIS. Du 27 au 30 octobre.
Kashink sur FlickR I http://www.all-over.eu























