Admirable, un modèle, exemplaire, porteuse d'espoir. Les qualificatifs sont nombreux à l'égard de Jenny Alpha, comédienne et chanteuse martiniquaise, disparue aujourd'hui à Paris, à l'âge de 100 ans.
Jenny Alpha est arrivée dans la capitale en 1929, pour poursuivre ses études, avec l'objectif de devenir institutrice. Elle est vite rattrapée par sa passion, le théâtre, "dans une France coloniale, peu encline aux bons sentiments envers les Noirs", comme le précise RFO. Jenny se tourne alors vers la chanson. Une voix suave, captivante, qu'elle pose sur des rythmes carribéens.
Elle débute avec Joséphine Baker, fréquente Salvadore Dali, côtoie Duke Ellington et surtout devient intime d'Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas. C'est le temps du mouvement de la Négritude. Sa conscience politique s'y forge. C'est dans ce Paris flamboyant d'esprit d'ouverture et de création que la jeune fille rencontre le poète Noël Villard qui deviendra son mari.
Sur les planches, elle joue dans "Les Nègres" de Jean Genet, "La Cerisaie" (d'Anton Tchekhov) mis en scène par Jean-Louis Barrault ou encore avec Firmine Richard dans "Mémoire d'Isles" d'Ina Césaire. On la voit aussi au cinéma dans de nombreux films. Notamment dans "Noir comme le souvenir" de Jean-Pierre Mocky.
Au delà de la Martinique, c'est toute la culture française qui est en deuil. Elle était la doyenne des comédiennes ! Une femme d'engagement. Jenny Alpha s'est sans cesse battue pour défendre et populariser la culture créole. Jenny aura vécu pleinement... Voici son ultime tour de chant !






















