« Une idée très simple. » En 2005, dans une période où l'islam intrigue, voire inquiète, Ahmed Larouz, cherche à faire du mois de Ramadan « une fête qui rassemble, à l'instar de Noël». Quoi de plus simple que de partager un repas ? L'idée lui vient d'un voyage aux Etats-Unis, où il est invité à dîner chez une famille chrétienne. Il y découvre des gens hospitaliers et respectueux, qui hésitent même à dire la prière avant de manger, de peur de le heurter !
Interpellé, il trouve l'idée qu'il lui fallait pour lancer le "Ramadan Festival" : faire de l'iftar - repas de rupture du jeûne - un moment de dialogue. Le principe : miser sur l'hospitalité. Les musulmans reçoivent à dîner des non-musulmans. « Le Ramadan est un mois où toutes les portes sont ouvertes », explique Ahmed Larouz.
Petit à petit, dans un pays où la communauté musulmane représente plus de 5% de la population (jusqu'à 12% dans l'agglomération d'Amsterdam), le festival se fait connaître : quatre pages achetées dans le journal Metro, une campagne d'affichage... En 2005, une télé locale consacre cinq minutes par jour au festival pendant tout le mois sacré !
Une ambiance conviviale. Les dîners partagés sont l'occasion de poser des questions et d'échanger sur des thèmes, parfois sensibles, allant du port du voile à la perception de l'homosexualité. « Ce n'est pas comme dans un débat public. Il ne s'agit pas d'attaquer l'autre. Les gens sont dans une atmosphère familiale. Un respect, propice à l'échange, s'instaure entre hôtes et invités. »
Les non-musulmans apprennent des musulmans et vice-versa : « Par exemple, si vous allez manger dans une famille musulmane, vous n'apporterez pas la traditionnelle bouteille de vin ! » poursuit Ahmed. Depuis, des non-musulmans ont pris l'initiative d'inviter des musulmans "dé-jeûner" chez eux.
Mais le "Ramadan Festival" ne s'arrête pas là. Conférences, temps d'échanges et évènements culturels sont organisés tout au long du mois. « Nous nous retrouvons dans des lieux symboliques : théâtres, mosquées, églises, synagogues et même, postes de police », se félicite l'initiateur de l'opération.
Toujours dans l'idée de faire participer le plus grand nombre, le festival touche aussi les enfants. « Même s'ils ne jeûnent pas, nous voulons qu'ils connaissent l'atmosphère du Ramadan ». L'Aïd-el-fitr, en Néerlandais "Suikerfeest" (fête du sucre), leur est dédiée. Gâteaux, bonbons et clowns au programme !
Un succès. Le "Ramadan Festival" est désormais l'un des festivals les plus longs et les plus importants des Pays-Bas. Plusieurs milliers de familles participent à l'opération, qui reçoit le soutien d'institutions et de personnalités néerlandaises comme le maire d'Amsterdam. « C'était l'un des premiers à nous soutenir », souligne Ahmed. L'initiative a même été distinguée par l'Alliance des civilisations (ONU).
Après s'être développé dans plusieurs villes néerlandaises, le concept dépasse rapidement les frontières et s'installe au Royaume-Uni, en Belgique, en Norvège, etc.
Et en France ? Un jour, peut-être...






















J'ai recontacté Ahmed Larouz
J'ai recontacté Ahmed Larouz à ce sujet. En fait, ce sont des activités qui ont été organisées en Belgique mais par le "Ramadan Festival" néerlandais. Ahmed Larouz discute avec une association belge pour faire un festival belge. Peut-être l'année prochaine, mais ils ont besoin de fonds...
Je lis avec joie que çà
Je lis avec joie que çà concerne aussi la Belgique! Quelqu'un sait-il me renseigner sur les évènements du pays?
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