Ne pas se tromper d’analyse. Tenir tête évoque d’abord la difficulté des jeunes à s’insérer sur le marché du travail, à trouver l’amour, à gérer les liens familiaux avant d’évoquer la galère d’une famille de banlieue.
On suit d’abord Karim, un jeune que son patron ne peut plus payer. Il est plombier, l’agence d’intérim lui propose un poste de cariste. Il refuse. Finit par trouver un boulot de formateur dans une association. S’entraîne tous les soirs dans son club de boxe. Puis, vient Samra, aide-soignante et joueuse de hand-ball. Elle vit avec sa mère, sur le point de se faire expulser, mais qui espère être relogée. On mettra un moment à découvrir qu’ils sont frère et sœur et à comprendre pourquoi ils sont fâchés.
Le film est tourné au plus près des personnages, les gros plans sont nombreux et les scènes très « photographiques ». Un beau film, qui ne s’étend pas dans les dialogues. Les situations de la vie quotidienne s’enchaînent tout en mettant en place une histoire. Inspirée par ses proches et son enfance à Aubervilliers, la scénariste Aurélie Cardin n’a rien inventé ou presque. Le sport est très présent, source de fierté et de dépassement de soi. Si certaines scènes peuvent flirter avec les clichés, cette fiction donne à voir une réalité brute, simple. Pas toujours marrante mais où la solidarité n’est pas encore morte. Juste un peu éteinte.
Tenir tête n’est pas un énième film sur la banlieue. Plutôt une réflexion - sans pathos - sur l’individualisme ancré dans notre société, sur une fraternité peu visible au jour le jour. A découvrir.
Tenir tête de Julia Cordonnier et Aurélie Cardin. Avec Sabrina Ouazani, Salim Kechiouche et Zohra Benali. Diffusion dimanche 8 août à 23h50, sur France 2, collection « Identités ».
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