Être en résidence, c’est être en création. Répétitions, interrogations, essais ou reprises rythment la journée. L’ambiance est feutrée et fraîche dans la salle du WIP. Les beaux murs en pierre résonnent. Le matos technique, les projecteurs, la scène…tout est prêt.
En duo pour cette performance, Bouziane Bouteldja et Laurent Ferraglio (29 et 33 ans) ont demandé au chorégraphe Farid Berki, un regard extérieur. Fondateur de la compagnie Melting Spot, il leur apporte son expérience de danseur et chorégraphe, qui a roulé sa bosse pendant une vingtaine d’années. Pourquoi ? « Pour faire de la transmission, pour encourager. L’aventure me paraît intéressante, notamment l’interaction entre la musique et la danse. »
Pas si compliqué mêle une danse faite d’émotions et d’acrobaties à une musique inattendue : guimbarde, didgeridoo, flûte fujara… « On danse notre vécu. Dans ce spectacle, j’essaye de traduire dans ma gestuelle des moments du passé, du présent, du futur. La naissance, l’enfance - on vit dans sa bulle sans penser à l’avenir - la découverte du hip hop et le travail en solitaire », explique Bouziane, qui ne danse « que » depuis onze ans. Pour Laurent, venu du monde du cirque, « ce spectacle évoque la rencontre de deux personnes avec toutes ses étapes. On se croise, on se tourne autour, on apprend à se connaître, on s’apprécie, on s’engueule… »
Ce mercredi, les artistes répètent la scène où les deux personnages se jaugent, semblent prêts à s’affronter. Jeux de regards, évitements puis face-à-face dur. « Appuie avec ta tête, comme les caribous », suggère Farid. Quelle fin pour le spectacle ? Rien n’est encore décidé, deux jours avant la présentation au public. « Happy end or not ? Ils vont se marier et avoir beaucoup d’enfants ou va y avoir un accident, 12 morts et 58 blessés ? », interroge Farid. La nuit porte conseil, chacun y réfléchit.
Le lendemain, nouvelle séquence. L’enfance et son aveuglement. Regards ébahis de celui qui découvre mais aussi vision à court terme, avec le visage recouvert d’une cagoule. Bouziane enchaîne sur un freestyle, rythmé par le didgeridoo. « Laurent te suit donc tu peux t’arrêter, occuper l’espace », conseille le regard extérieur.
Comme son nom l’indique, le WIP – Work In Progress, soit « travail en cours » – permet aux artistes d’élaborer leur spectacle, d’y réfléchir, de l’enrichir. Rien n’est figé. Le matin de la présentation au public, quelques mouvements ont même été modifiés ! Il est 17h, une trentaine de personnes sont présentes. Chacun observe religieusement le spectacle. A l’applaudimètre, Pas si compliqué a convaincu la salle !
La compagnie Dans6T cherche encore des partenaires pour faire tourner ce spectacle, à Tarbes et dans toute la France. En attendant, elle présentera La Reine Margot au Festival de Gavarnie, du 16 au 29 juillet prochains. Fondée en 2004, Dans6T a puisé dans son isolement géographique, sa force : indépendance d’esprit et de création. « On a créé un vrai pôle hip hop à Tarbes ! ». Chapeau !
www.dans6t.com I www.wip-villette.com
Photos : Guillaume Castan





















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