A l’occasion du cinquantenaire des indépendances africaines, vous avez lu Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire. Pourquoi ce texte ?
Discours sur le colonialisme(1) invite à une réflexion sur la domination coloniale et postcoloniale. Aimé Césaire y décrypte les effets de la mainmise sur des millions d’êtres humains. Il explique comment, selon lui, les peuples colonisés ont été conduits à adapter leurs critères humains, sociaux, économiques, au détriment de leurs intérêts propres. Il permet de comprendre les mécanismes qui ont transformé la structure des sociétés africaines et ont conduit à la situation d’aujourd’hui.
En quoi l’ouvrage d’Aimé Césaire est-il d’actualité ?
La justesse de son analyse et la clarté de sa pensée permettent de mesurer la responsabilité de chacun, dans la construction du monde actuel. A ce titre, il est un auteur majeur. Sa réflexion aide à repenser l’humain et les relations nouvelles à établir entre les peuples. Il dépasse le cadre simple de la situation historique coloniale pour offrir une réflexion humaniste qui envisage à la fois le passé, le présent et le futur. Il alerte et appelle à une prise de conscience urgente. L’Europe et l’Occident sont mis en garde contre l’isolement qu’ils risquent en n’établissant pas de dialogue équilibré avec ces peuples. L’enjeu pour lui, comme pour moi d’ailleurs, est d’aider à construire un dialogue renouvelé et respectueux entre les êtres humains.
Est-ce le sens que vous donnez à votre action en tant que président de la Villette ?
Oui. Je cherche à créer les conditions les meilleures pour faire découvrir la création artistique dans toute sa diversité. J’essaie de montrer comment la culture, qu’elle soit populaire ou savante, traverse toutes les frontières, imprègne chacun de nous et transforme notre conscience du monde et de l’humain. Je souhaite que les publics se rencontrent et vivent ensemble à travers la représentation. Pour cette raison, les artistes que nous programmons sont concernés par des questions esthétiques, mises au service d’une réflexion humaine, sociale, sociétale. C’est ce que nous appelons le dialogue art/société.
(1) Aimé Césaire - Discours sur le colonialisme, paru aux éditions Réclame en 1950, puis dans Présence africaine en 1955.






















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(1) : disponible prochainement