Début des années 2000, Franck Zongo débarque à Vitry-sur-Seine. Il arrive du Burkina Faso pour étudier les arts déco, notamment aux Ateliers de Paris. Deuxième étape : un job à Emmaus, où il met à profit son expérience africaine du recyclage, tout d'abord dans le mobilier et la décoration, puis dans le vêtement.
Une évolution "logique". « Enfant, j'ai baigné dans la couture. Ma mère cousait nos pantalons. J'ai toujours vécu dans le recyclage. Je suis le fruit de ce mode de fonctionnement. En Afrique, nous avons pour habitude de s'adapter aux secondes mains dans tous les domaines. Dans la mode, le sur-mesure est moins cher que le prêt à porter ».
Cette première expérience chez Emmaüs lui permet de mettre un pied dans l'univers de la couture. Avec des amis, il crée une petite collection basée sur de la récup' de vieux vêtements. De fil en aiguille, il imagine, recycle, customise des vêtements déjà existants (pantalon, veste, robe...) et leur donnent un second souffle. De cet habil lifting textile nait la Zongo touch. « Mon style est assez décalé. A la fois classique et urbain. Je suis autant influencé par la culture Hip Hop que par le mouvement de la Sape (la société des ambianceurs et des personnes élégante). J'aime jouer avec les tissus et les genres. Je m'influence aussi pas mal de l'apsect coloré et osé qu'on trouve en Afrique ».
Petit à petit, l'oiseau burkinéen construit son nid parisien et multiplie les défilés, dans les bars. Depuis peu, Zongo présente sa collection sur des podiums, à Genève, Bruxelles et Copenhague. Cet été, Franck prévoit un retour aux sources, pour présenter ses créations insolites, à Bamako et Ougadoudou. Pour l'instant, ses produits sont uniquement distribués dans quatre boutiques à Paris, et une à Copenhague. En parallèle, Franck partage sa passion du recyclage avec les élèves du lycée Camille Claudel à Vitry-sur-Seine, à qui il donne des cours de couture. « Cette expérience est vraiment enrichissante. Elle me permet de transmettre mon savoir technique. J'apprends aussi beaucoup d'eux : ils débordent d'imagination. L'année dernière, nous avons travaillé huit mois ensemble. Le projet a abouti sur un défilé, présentant leurs créations ».





















