Mis à jour: 29 mai 2010
Facile de faire tenir vingt ans de musique en un concert ?
Si tel était le cas, ce serait triste! Nous n’en aurions pas eu l’idée si l’équipe de Solidays ne nous avait pas sollicités l'année dernière pour "fêter ça". En se penchant sur la question, on s’est rendu compte qu’il y avait de quoi faire! Le choix des morceaux a été un peu aléatoire ; on a privilégié ceux que nous avons particulièrement portés, tant au sein de Zebda que de 100% Collègues ou des Motivés. Des chansons qu'on avait parfois pas interprété depuis longtemps... C'est une parenthèse dans l'aventure Origines Contrôlées, mais c'est surtout un plaisir : celui de décliner une cette dynamique festive, militante et collective.
Quand vous avez joué l'an dernier à Solidays, certains festivaliers avaient l'âge de vos premières chansons…
Ça nous arrive de plus en plus souvent! Quand une jeune femme de 22 ou 23 ans nous dit «ça fait plaisir de vous voir», on commence par faire les beaux; lorsqu’elle ajoute «je vous écoutais quand j’étais au CM1», ça nous calme direct! On réalise que ça fait déjà un moment qu’on tourne… Mais on assume, parce qu’on galope toujours autant.
Votre aventure du moment, c’est Origines Contrôlées, recueil de chansons de l’immigration algérienne…
Origines Contrôlées, c’est aussi un festival mélangeant musique et débats. Déjà six éditions au compteur...
Durant les premières éditions, nous avons travaillé sur la mémoire de la colonisation, puis sur les luttes dans l’immigration et le patrimoine culturel. En 2009, le festival était centré sur la mémoire militante dans les quartiers. Objectif: continuer à partager avec le plus grand nombre cette part d’histoire, qui concerne tous les Français. Non pas, comme certains le clament, pour demander à qui que ce soit de s’excuser ou de se repentir ! Pour permettre à chacun de donner du sens à tout ça, de comprendre qui il est. Et de régler certains traumatismes qui, sinon, vont continuer à se transmettre de génération en génération… En tournant dans toute la France, on s’est aperçu que la dimension multiculturelle était très présente dans ce pays, et que les gens étaient prêts à l’accepter – y compris dans les régions rurales (peu touchées par l’immigration) et les milieux blancs favorisés. Si les problèmes persistent, c’est par absence de courage politique. On ne peut pourtant pas continuer à sacrifier des générations sur l’autel de la discrimination sans rien dire, c’est juste inacceptable! Aujourd’hui, on parle beaucoup de diversité. Pourquoi pas, à condition qu’il n’y ait pas la «diversité» d’un côté, les Blancs de l’autre…
Vingt ans la bouche ouverte et le poing levé ?Notre société cultive l’égoïsme et l’individualisme. A nous de lutter pour promouvoir d’autres valeurs. Les dimensions de solidarité feront la différence ; elles réuniront des gens différents autour de projets constructifs, au bénéfice de ceux qui souffrent. Plutôt que de rester chez toi à tourner en rond, viens filer un coup de main à des associations impliquées sur le terrain, tu rencontreras des gens et tu verras que c’est possible!
Vingt d'honneur, Mouss et Hakim, Tactikollectif






















